Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron présente les grandes lignes de son projet de loi pour l'activité, le 15 octobre 2014 au ministère, à Paris
Le ministre français de l'Economie Emmanuel Macron présente les grandes lignes de son projet de loi pour l'activité, le 15 octobre 2014 au ministère, à Paris — Eric Piermont AFP

REVUE DE PRESSE

Projet de loi Macron: Une «opération de com'» en direction de Bruxelles pour la presse

Les éditorialistes s'accordent à dire que les mesures annoncées dans ce projet de loi ressemblent plus à ne opération de communication à usage extérieur que «d'un acte concret de dynamitage des corporatismes»...

Le projet de loi pour «déverrouiller» l'activité, dont les grandes lignes ont été présentées mercredi par le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, apparaît comme une «opération de communication» en direction de Bruxelles, estime la presse ce jeudi.

Même si «l'idée d'une libéralisation du pays fait son chemin», se réjouit Nicolas Beytout dans L'Opinion, «on en est encore au niveau des promesses et il faudra des mois, peut-être même une année encore pour que le dispositif Macron entre pleinement en action». L'objectif d'Emmanuel Macron de libérer l'économie française de ses blocages et corporatismes suffit toutefois à attirer les foudres de L'Humanité qui fustige « un projet 100% réactionnaire».

«Saupoudrage»

«Ce saupoudrage touchant au travail du dimanche, à la dérégulation des transports publics, n'est pas sans rappeler le rapport de Jacques Attali réalisé à la demande de Nicolas Sarkozy pour "libérer la croissance"», estime l'éditorialiste du quotidien communiste, Jean-Paul Piérot.

Mais les commentaires insistent surtout sur le contexte de ces annonces, prévues dans quelques semaines mais avancées pour coïncider avec la présentation par le gouvernement français du projet de budget 2015 à la Commission européenne. «L'objectif serait de lever les blocages: vaste programme aurait dit le général de Gaulle face à ce qui ressemble avant tout à une opération de com'», analyse Hubert Coudurier dans Le Télégramme.

«"Enfumer" Bruxelles et l'Europe sur les déficits français»

Pour Philippe Waucampt aussi (Républicain lorrain), «il s'agit plus d'une opération de communication à usage extérieur que d'un acte concret de dynamitage des corporatismes». «Berlin et Bruxelles se satisferont-ils du simple affichage qu'est pour l'instant la loi Macron?», se demande-t-il.

Jean-Louis Hervois de La Charente libre soutient que «personne ne peut affirmer qu'il n'y a pas dans cette opportune offensive sur les blocages français, une technique très "hollandaise" pour "enfumer" Bruxelles et l'Europe sur les déficits français».

«Cela peut aider à calmer l'impatience de l'examinateur bruxellois», estime certes Hervé Favre dans La Voix du Nord. Mais, globalement, «ces mesures suffiront-elles à faire repartir la croissance et à amadouer la Commission européenne? Sans doute pas, mais leur inspiration libérale risque d'irriter un peu plus les "frondeurs"» du Parti socialiste, relève Bruno Dive de Sud-Ouest.