L'Assemblée nationale a largement adopté le projet de loi sur la transition énergétique

ECOLOGIE Elle prévoit de réduire à 50% la part du nucléaire en 2025...

20 Minutes avec AFP

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Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie devant l'Assemblée nationale mardi 14 octobre 2014. Lancer le diaporama
Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie devant l'Assemblée nationale mardi 14 octobre 2014. — AFP

L'Assemblée nationale a largement adopté mardi le projet de loi sur la transition énergétique, qui prévoit de réduire à 50% la part du nucléaire en 2025 comme promis par François Hollande.

Le texte de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qu'elle a présenté comme «un moment fort de ce quinquennat», a été voté en première lecture par 314 voix (socialistes, radicaux de gauche, écologistes) contre 219 (UMP et Front de gauche), et 32 abstentions (UDI).

Julien Aubert (UMP), dont le groupe a quitté les débats la semaine dernière après avoir épuisé son temps de parole sur l'article 1er, a aussi mitraillé «un texte escamoté, examiné à la va-vite» et «chargé de solder les comptes» entre socialistes et écologistes. Les députés UDI se sont pour leur part majoritairement abstenus, voyant dans la transition énergétique «une étape nécessaire» mais pointant le «trop grand écart entre les objectifs si ambitieux et les moyens si dérisoires». En revanche, les socialistes, radicaux de gauche et écologistes ont vanté respectivement un «sens des responsabilités» de la majorité.

Entre «espoir et déception»

L'ancienne ministre EELV Cécile Duflot a toutefois fait part du «sentiment double, espoir et déception» de son groupe, car «le gouvernement sur de nombreux points demeure loin de ce qu'il faudrait faire» et que «les lobbies nous freinent. Le flou demeure sur le financement de la loi» qui se trouve «entachée de la suspension de la taxe poids lourds», a aussi déploré la députée de Paris, après cette annonce jeudi de Ségolène Royal sur l'écotaxe qui devait financer les infrastructures de transports. Le député écologiste de Gironde Noël Mamère s'est d'ailleurs abstenu pour cette raison.

Rénovation des bâtiments, essor de la voiture électrique et des énergies renouvelables, recyclage des déchets, interdiction des sacs plastiques à usage unique: le projet de loi, qui doit désormais être examiné par le Sénat à une date non encore définie, décline par secteurs les moyens d'atteindre ces grands objectifs. Quelque 100.000 créations d'emplois sont escomptées dans les métiers de la croissance verte en trois ans.

Le texte doit être examiné par le Sénat

Le Premier ministre, Manuel Valls, resté inhabituellement dans l'hémicycle pour ce scrutin, a salué ce projet de loi qui «fait honneur à notre pays» et «servira de référence partout en Europe et dans le monde». Se félicitant pour sa part de ce «grand moment parlementaire», Ségolène Royal a jugé que son texte montrait qu'«on peut réconcilier croissance, écologie et social».

La part du nucléaire dans la production d'électricité devra être réduite de 75% à 50% à l'horizon 2025, et la consommation énergétique diminuer de moitié en 2050 par rapport à 2012. Le projet de loi de «transition énergétique pour la croissance verte», qui doit être examiné maintenant par le Sénat, vise notamment à réduire la facture énergétique de la France et des Français.