UMP: Quand le scénario d’un retour triomphal de Nicolas Sarkozy prend l’eau

POLITIQUE Nicolas Sarkozy, qui souhaitait écraser la concurrence à l’occasion de sa candidature pour la tête de l’UMP, voit les oppositions se multiplier…

Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Sarkozy, le  8 octobre 2014 à Toulouse.
Nicolas Sarkozy, le 8 octobre 2014 à Toulouse. — LANCELOT-POOL/SIPA

La campagne pour la présidence de l’UMP est officiellement lancée ce mercredi. Cette élection désignera le 29 novembre qui, de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire ou Hervé Mariton, sera le nouveau chef du parti. Si les partisans de l’ex-Président annonçaient son retour triomphal, la balade de santé semble tourner à un GR de haute montagne.

Bien que le résultat de cette élection interne ne fait guère de doute chez Bruno Le Maire et Hervé Mariton, pas question pour autant de se coucher face à l’ex-Président. Côté pile, une bataille fair-play. En off, une exaspération face aux opportunistes qui rallient Nicolas Sarkozy. Et l’envie de tuer symboliquement le père: «Beaucoup se sont engouffrés dans la caravane Sarkozy, notamment pour se placer, chercher des postes», souligne un membre de l’équipe de l’ancien ministre de l’Agriculture. «Avec Bruno Le Maire, on est en train de créer l’après-Sarkozy, avec des gens neufs». Voire parier sur un échec de l’ex-Président pour mieux reconstruire la droite.

Raillé parmi les députés UMP

Ces résistances débordent du seul cadre de la campagne interne. Visant la primaire à droite, Alain Juppé, François Fillon, Xavier Bertrand s’attellent à leur programme présidentiel et tracent leur sillon. Une voie soutenue par les électeurs de droite: Selon les derniers sondages d'Ipsos et de l’institut LH2, Alain Juppé devance désormais Nicolas Sarkozy. Et l’ancien chef d’Etat totalise 31% de bonnes opinions selon Ipsos, soit un niveau proche de son plus bas score à l’Elysée (29%), en avril 2011.

Celui qui avait évité toute lecture critique de son quinquennat est désormais raillé au sein du parti. Sur le plateau de #DirectPolitique ce mardi, le député UMP de Paris Bernard Debré estime que «cette mise en scène, ce show... Pour l'instant, ça ne prend pas». «Le problème, c'est que Nicolas Sarkozy ne rassemble même pas dans sa famille» car ce «candidat people» «ne peut pas être et avoir été, revenir comme si la France lui appartenait», claque-t-il. Et du côté des alliés centristes, le nom de Sarkozy semble aujourd’hui pestiféré. Alors qu’ils désignent leur nouveau patron, pas question de céder à l’homme qui souhaiterait «fusionner» l’UMP et l’UDI en vue de 2017.

Les partisans font bloc

Ces oppositions font le miel des adversaires à gauche. Un ministre socialiste revient sur le cas Sarkozy: «Son problème est qu’il a fait du teasing, en expliquant qu’il a vraiment, vraiment changé» mais «ses idées de 2012» sont celles de la «droite dure, donc rien n'a changé». Avant de railler le caractère de l’ex-Président: «Sur le plateau de Delahousse [sur France 2, lors de l’interview annonçant son retour, le 21 septembre], au bout d’une minute trente, il envoie des directs à un journaliste qui n’a rien demandé. Il utilise un vocabulaire mortifère qui devrait être psychanalysé». «Une énergie destructrice, très agressive», résume ce ministre.

Du côté des partisans de Nicolas Sarkozy, ces critiques glissent comme l’eau sur les plumes d’un canard. L’ancien ministre Brice Hortefeux a affirmé ce mardi sur i-Télé que le retour de l'ex-président «est réussi». Il est «l'homme public qui rassemble le plus» au regard du «nombre de personnalités aux parcours et aux sensibilités différents» qui l'ont rejoint. «En s'engageant, on s'expose», a justifié ce proche.

#DirectPolitique est une émission, chaque mardi, de 20 Minutes, Linternaute.com et Ouest-France.