VIDÉO. Macron s'attaque à l'assurance chômage: Le PS critique le «manque de clarté»

RÉACTIONS Les propos d'Emmanuel Macron ce dimanche sur l'assurance chômage ont créé la polémique...

B.D. avec AFP
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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à Lyon le 9 octobre 2014
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron à Lyon le 9 octobre 2014 — Jean-Philippe Ksiazek AFP

Les propos d'Emmanuel Macron, sur l'assurance chômage ce week-end font encore réagir la classe politique ce lundi. Dimanche, le ministre de l'Économie a créé la polémique dimanche en déclarant, dans un entretien au Journal du dimanche, qu'il ne devait «pas y avoir de tabou ni de posture» sur l'assurance-chômage et en jugeant «insuffisante» la récente réforme de la convention d'assurance chômage.



L'ancien ministre Benoît Hamon a critiqué ce lundi les «initiatives désordonnées» du gouvernement, destinées à «amadouer l'Union européenne», qui «désarçonnent les partenaires sociaux» et «inquiètent celles et ceux qui sont au chômage». Selon le député des Yvelines, «la France n'a pas d'autre choix face à la Commission européenne, sauf à perdre sa crédibilité, que d'accélérer sur les réformes dites structurelles, un agenda qui n'est pas le sien. Je crois qu'Emmanuel Macron comme le Premier ministre mettent en oeuvre des propositions, les mettent en débat parce qu'ils n'ont pas d'autres choix que de le faire et que l'Union européenne l'exige».

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Bruno Le Roux, a lui indiqué sur Europe 1 que l'assurance-chômage «n'est pas à l'agenda politique de la majorité», rappelant: «Avant que l'Etat prenne ses responsabilités, il faudra que les partenaires sociaux aient discuté (...) Nous serions avisés de laisser l'initiative aux partenaires sociaux.»

Le député UMP de Seine-et-Marne, Franck Riester, a souligné sur RFI que la droite «soutient depuis longtemps cette idée qu'il est nécessaire de réformer l'indemnisation chômage». «Le problème, c'est le manque de clarté de l'exécutif (...) C'est ça sur tous les sujets», a-t-il martelé, prédisant: «Ca ne va pas se faire parce qu'évidemment il va y avoir une levée de boucliers de la majorité, du parti socialiste.»

Pour la sénatrice PS de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Macron «met de la confusion». «L'assurance chômage fait partie des piliers de notre société, c'est un stabilisateur social», a-t-elle dit sur Sud Radio, estimant qu'«on ferait mieux de créer de l'emploi». La membre de l'aile gauche du PS a en outre indiqué: «Je ne sais pas ce j'ai de commun avec M. Macron. Avant, il était dans sa banque, ni au PS, ni au Parlement.»

«Est-ce qu'on peut avoir des ministres qui bossent, qui appliquent une ligne et qui s'y tiennent? Il y a déjà assez de confusion», a jugé le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé sur LCI et Radio Classique, rappelant que «le ministre du Travail François Rebsamen avait déjà lancé des débats, déjà sur les chômeurs, en étant d'ailleurs plus stigmatisant qu'Emmanuel Macron qui soulève un débat.»

Après avoir immédiatement réagi dimanche, rappelant que quand le président parle, «les ministres appliquent», le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis s'est défendu ce lundi matin sur France Info d'avoir «recadré» le ministre de l'Economie. Selon lui, la formule d'Emmanuel Macron est «dommageable» car elle occulte la partie de l'interview «qui parlait de la nécessité d'une relance européenne. Et c'est ça le vrai sujet».

Dimanche, le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert avait jugé sur RTL qu'il ne devait « pas y avoir de tabou ni de posture» sur l'assurance-chômage, qu'il était indispensable d'en réduire le «déficit chronique», mais qu'il revenait aux partenaires sociaux de décider de quelle manière. «C'est vrai que s'ils n'arrivent pas à un accord, nous verrons comment le gouvernement éventuellement légiférera sur le sujet», a-t-il ajouté.

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal avait, elle, appelé à ne pas modifier le système d'assurance chômage, «un acquis social» auquel il ne faut pas toucher «en période de crise», et évoqué «une petite maladresse de vocabulaire» du ministre de l'Economie qui n'a en aucun cas «annoncé son intention de réformer l'assurance chômage ».