La VIe République selon Jean-Luc Mélenchon

PARTI DE GAUCHE Dans un ouvrage à paraître ce lundi, Jean-Luc Mélenchon signe un plaidoyer pour la VIe République et la souveraineté populaire…

Anissa Boumediene

— 

Jean-Luc Mélenchon, au Parc de la Courneuve lors de la Fête de l'Humanité, le 13 septembre 2014.
Jean-Luc Mélenchon, au Parc de la Courneuve lors de la Fête de l'Humanité, le 13 septembre 2014. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Il a peut-être quitté la coprésidence du Parti de gauche (PG), mais Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini de se faire entendre. Dans son livre L’ère du peuple (éd. Fayard), qui sort ce lundi, le député européen donne les clés de la VIe République, celle qu’il défend depuis longtemps et qu’il aimerait voir instaurée dès 2017. Fidèle à lui-même, Jean-Luc Mélenchon n’épargne personne dans son ouvrage, à commencer par le président François Hollande.

Hollande dans le collimateur

Dès les premières lignes, Jean-Luc Mélenchon y va tout de go, avec dans son collimateur le chef de l’Etat, qu’il accuse de miser sur un duel PS-FN pour l’emporter en 2017. «Depuis un siècle, en France, aucun reniement à gauche n’égale celui de François Hollande en deux ans et demi», écrit-il.  «Des millions de gens (…) voient la politique de Hollande et Valls et se disent: « La gauche et la droite, c'est pareil.» Ils ont raison», tacle-t-il dans un entretien accordé dimanche au JDD. «Moi, je ne veux pas me rassembler avec Valls et Hollande», poursuit-il, avant de s’en prendre à la leader du Front national. «Avoir peur de Le Pen c'est déjà lui donner le pouvoir. Le danger est déjà là», confie-t-il.  

«Refonder le système et les institutions»

Mais Jean-Luc Mélenchon ne fait pas que balancer des missiles Scud au fil des pages, il plaide aussi pour l’instauration de la VIe République. «La refondation du système politique et des institutions qui l’organisent est devenue le point clé des problèmes de notre pays», assure-t-il. Et pour y remédier, il propose de rendre le pouvoir au peuple en instaurant la convocation d’une Assemblée constituante et le référendum révocatoire, pour que le peuple puisse «intervenir à tout moment». En clair: dès qu'un certain pourcentage des électeurs le demanderait, un référendum serait organisé pour savoir si un élu peut continuer ou non son mandat. «Si la démocratie se mêlait d’organiser (les) affaires (de l’oligarchie), tout s’écroulerait», conclut-il.

Pour donner du corps à sa révolution institutionnelle, Jean-Luc Mélenchon avait lancé le 11 septembre dernier sa pétition en ligne pour la VIe République. Interrogé sur le nom du candidat censé incarner cette VIe République en 2017, il joue la carte de la prudence en déclarant que «ce sont les circonstances qui font le choix du nom».