Ecotaxe: Ségolène Royal «comprend» la réaction des écologistes

REACTIONS La ministre reporte «sine die» du dispositif d'écotaxe sur les poids lourds…

20 Minutes avec AFP

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Ségolène Royal, à Paris.
Ségolène Royal, à Paris. — SIPA

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal «comprend» la réaction très négative des écologistes, après l'annonce jeudi de la suspension sine die du dispositif d'écotaxe sur les poids lourds, tout en les assurant de sa volonté de trouver des solutions «pérennes et justes».

La secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse s'est dite «tout simplement scandalisée» et le député écologiste de Gironde Noël Mamère a dit en conséquence qu'il ne voterait pas mardi le projet de loi de transition énergétique.

La suspension du péage de transit poids lourd «est une capitulation de plus de ce gouvernement devant les lobbies», a-t-il déclaré à France Bleu Gironde.

«Beaucoup d’interrogations»

Lors d'une conférence de presse, Ségolène Royal a déclaré «comprendre» ces réactions «sur le plan des principes» du pollueur-payeur et de l'usager-payeur, qui sont «dans la loi».

«J'ai appelé Emmanuelle Cosse» pour lui dire «ce que disent les entreprises» et qu'«il faut d'abord s'assurer que l'expérimentation ait un sens», a ajouté la ministre. «Je lui ai rappelé aussi que nous avons hérité ce problème du gouvernement de droite précédent, qui l'avait voté mais s'était bien gardé de l'appliquer», a-t-elle ajouté.

«Noël Mamère a réagi un peu vite, il faut qu'il prenne en considération l'ensemble des éléments», juge Ségolène Royal. «Il y a des hommes et des femmes qui travaillent dans les entreprises (...) qui ont le droit d'attendre que les objectifs fixés soient réellement atteints et que les solutions qu'on leur propose soient pérennes et soient justes», dit-elle.

«Transition énergétique»

Or, il y a «beaucoup d'interrogations, en particulier en comparaison des superprofits des compagnies autoroutières qui doivent faire l'objet d'une contribution à la dépense de l'entretien des infrastructures», plaide la ministre.

Dans un communiqué, cinq des députés EELV dont leurs deux chefs de file, Barbara Pompili et François de Rugy, ont déploré dans l'annonce gouvernementale «une nouvelle et triste illustration du manque de vision qui caractérise depuis des années la politique des transports en France».

Ils estiment que «la France a besoin d'un nouveau cadre législatif et budgétaire pour réorienter la politique des transports et sortir du tout-routier». Ce dispositif «constituerait, après la loi sur la transition énergétique, un deuxième rendez-vous majeur de la majorité avec l'écologie et permettrait de sortir enfin de la logique du coup par coup».