Vente d'hélicoptères: Nicolas Sarkozy serait impliqué dans une enquête pour corruption

JUSTICE Selon «le Monde», l'ex-chef de l'Etat est soupçonné d'avoir fait pression sur le Sénat belge à la demande du Kazakhstan...

T.L.G.

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Nicolas Sarkozy le 2 octobre 2014 à Saint-Julien-les-Villas
Nicolas Sarkozy le 2 octobre 2014 à Saint-Julien-les-Villas — François Nascimbeni AFP

Nicolas Sarkozy inquiété par une affaire d’Etat? La justice française enquêterait secrètement depuis le printemps 2012 sur des mouvements de fonds suspects liés à des ventes d’hélicoptères français au Kazakhstan. D’après Le Monde, deux juges d'instruction parisiens, saisis de faits de «blanchiment en bande organisée», «corruption d'agents publics étrangers», «complicité et recel» de ces délits, enquêteraient sur des contrats signés en 2010 entre la France et le Kazakhstan. Ce marché de deux milliards d’euros, comprenant la vente de 45 hélicoptères par Eurocopter, aurait peut-être donné lieu au versement de rétrocommissions.

Des pressions sur le Sénat belge?

Un proche de l’ancien président, Jean-François Etienne des Rosaies, et Nathalie Gonzalez-Prado, ex-chargée de mission de Claude Guéant, alors secrétaire de l’Elysée, ont été placés en garde à vue en septembre, indique le quotidien, tandis que des perquisitions étaient menées à leurs domiciles et au siège d'Eurocopter. La justice s'intéressait alors aux mouvements de fonds suspects, plus de 300.000 euros, qui auraient un lien avec la vente des hélicoptères.

L’affaire pourrait également remonter directement jusqu’à l’ancien chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy serait soupçonné d’avoir fait pression en 2011 sur le Sénat belge à la demande du président kazakh pour «adoucir le sort judiciaire de trois hommes d’affaires» du pays. En contrepartie, l’ex locataire de l’Elysée pourrait avoir obtenu la signature des juteux contrats.