Menace djihadiste: Suspendre Schengen «reviendrait à rendre la France aveugle» dit Cazeneuve

POLITIQUE Le ministre de l’Intérieur répond à la présidence du FN, qui veut suspendre l’accord de Schengen…

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 28 septembre 2014 à Paris
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, le 28 septembre 2014 à Paris — Thomas Samson AFP

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a affirmé lundi à l'AFP que la proposition de Marine Le Pen de suspendre l'accord de Schengen pour parer au retour de djihadistes «reviendrait à rendre la France aveugle et paralysée face au risque terroriste en Europe».

«Ce qu'il faut suspendre d'urgence, c'est la démagogie de Marine Le Pen et son inconséquence. Suspendre immédiatement Schengen, cela signifierait concrètement l'impossibilité pour chaque pays de l'Union européenne d'établir la traçabilité du parcours emprunté par les jihadistes de retour de Syrie ou d'Irak», a déclaré le ministre.

Départ pour le Moyen-Orient

La présidente du Front National Marine Le Pen a demandé lundi «la suspension immédiate et sans délai» de l'accord de Schengen «pour parer au retour des djihadistes partis combattre au Moyen-Orient sur le territoire national».

«La mise en oeuvre de cette proposition reviendrait à rendre la France aveugle et paralysée face au risque terroriste en Europe», a déclaré Bernard Cazeneuve, en marge d'un déplacement au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-Astier (Dordogne).

«Réalité de la menace terroriste»

Le signalement des djihadistes «dans le système d'information Schengen est l'une des meilleures garanties de leur contrôle et de leur neutralisation par une coopération renforcée entre les services de renseignement et les polices de l'Union européenne», a affirmé le ministre.

Suspendre Schengen poserait à terme «des difficultés pour mettre en oeuvre le dispositif de connexion des fichiers de passagers empruntant des aéroports de l'Union européenne (PNR), l'outil qui a manqué récemment pour l'arrestation d'un certain nombre de djihadistes européens», a-t-il ajouté.

Selon le ministre, «cette déclaration inconséquente traduit soit une méconnaissance totale de Schengen et de la réalité de la menace terroriste, soit une volonté de tromper les Français par la démagogie».