Bygmalion: Sarkozy menacé?

JUSTICE Selon les informations du journal «Le Monde», l'ancien chef de l'Etat est directement visé par les enquêteurs...

T.L.G.
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Nicolas Sarkozy le 2 octobre 2014 à Saint-Julien-les-Villas
Nicolas Sarkozy le 2 octobre 2014 à Saint-Julien-les-Villas — François Nascimbeni AFP

L’étau se resserre autour de Nicolas Sarkozy. Selon les informations du journal Le Monde, les policiers qui enquêtent sur le possible financement occulte de la campagne présidentielle du candidat en 2012, évoqueraient désormais l’infraction de «financement illégal de la campagne électorale» et plus seulement celle d’«abus de confiance».

Or, le journal rappelle que selon l’article 113-1 du code électoral, «sera puni d'une amende de 3.750 euros et d'un emprisonnement d’un an, tout candidat en cas de scrutin uninominal qui aura dépassé le plafond des dépenses électorales, n'aura pas respecté les formalités d'établissement du compte de campagne, (…) aura fait état, dans le compte de campagne ou dans ses annexes, d'éléments comptables sciemment minorés». C'est donc bien le candidat Nicolas Sarkozy qui serait ici visé.

Que savait Sarkozy?

Dans le procès-verbal de synthèse rédigé le 1er octobre, la chef de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), Christine Dufau, estime que ces fausses factures constituent un financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy «puisque, sciemment, les deux parties ont établi de fausses factures pour éviter de devoir comptabiliser dans le compte de campagne des factures de prestations liées à cette campagne », selon des propos rapportés par le quotidien.

Christine Dufau estime «très surprenant que personne ne se soit préoccupé de leur financement [des meetings], et que les responsables du groupe Bygmalion n’aient pas pris contact avec ceux de l’UMP», même si Nicolas Sarkozy s’est toujours défendu d’avoir eu connaissance de cette société.

Après avoir mis en examen les cadres de Bygmalion et ceux de l’UMP, les juges Serge Tournaire, Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke devraient s’intéresser à l’échelon politique, et donc au rôle joué par Nicolas Sarkozy.