Hamon, Filippetti et Montebourg: Les ex-ministres frondeurs ne font pas front commun pour la rentrée

POLITIQUE Congédiés fin août du gouvernement, les ex-ministres Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti réalisent leur retour dans les médias…

Anne-Laëtitia Béraud

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Arnaud Montebourg, le 5 octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Gard).
Arnaud Montebourg, le 5 octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Gard). — ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA

Grand week-end de retour pour les ministres congédiés fin août du gouvernement. Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg ont fait, chacun de leur côté, leur retour dans les médias. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ont assisté à des rassemblements militants dans les Landes et le Gard, quand l'ancienne ministre de la Culture s’est confiée samedi à Mediapart. Trois interventions pas tout à fait réglées sur la même longueur d’ondes. Revue des styles par 20 Minutes.

La carte du rassemblement

Au Vieux Boucau (Landes), l’ex-ministre de l’Education nationale Benoît Hamon a appelé au «rassemblement de la gauche», avec les écologistes et les communistes. Refusant de «voir [s]a famille politique échouer», l’homme a joué la carte de l’unité. «Je ne suis pas dans l’opposition. Il n'y a pas un socialiste ici qui est dans l'opposition, à ranger du côté de ceux qui aujourd'hui veulent combattre la gauche». Afin de retrouver la «confiance» avec le peuple, le député a tracé «cinq grands chantiers» pour la gauche en vue de 2017, dont la création d’une «6e République», ou encore l’élaboration d'une nouvelle «doctrine de l'Etat providence».

La carte solo

A Laudun-L'Ardoise (Gard), l’ex-ministre de l’Economie Arnaud Montebourg a quant à lui vanté son statut de «citoyen engagé», d’«aimable contributeur» au débat public. Quitte à distribuer les mauvais points au gouvernement. Dimanche, Arnaud Montebourg a critiqué l’«obsession» de la réduction des déficits et la «politique d'austérité» du gouvernement. Avant de professer qu’«une alternative existe», grâce à une aide aux ménages évaluée à 17 milliards d’euros. L’homme est également revenu sur son congé du gouvernement, estimant qu’il avait délibéremment choisi sa sortie.

La carte de la liberté

Dans un entretien publié samedi par Mediapart, l'ancienne ministre de la Culture est revenue sur les raisons de son départ du gouvernement. Un choix qu'elle dit ne «pas regretter»: «C'est une décision que j'ai longuement mûrie (…). C’est un choix de conscience», explique-t-elle. Avant de déplorer que son départ ait pu être interprété par le couple qu’elle forme avec Arnaud Montebourg. «Il est regrettable que l'on en soit toujours là vis-à-vis des femmes politiques, mais le machisme est aussi une manière bien commode d'éviter de répondre aux questions gênantes (….) restées sans réponse». Signe de sa nouvelle liberté: à l’Assemblée nationale, ses votes «seront libres».