Pour Aurélie Filippetti, le discours du Bourget de Hollande a été «oublié»

POLITIQUE L'ex-ministre de la Culture prône une VIe République «avec une répartition moins monarchique du pouvoir»...

20 Minutes avec AFP

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Aurélie Filippetti le 23 juillet 2014 à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée à Paris
Aurélie Filippetti le 23 juillet 2014 à la sortie du Conseil des ministres à l'Elysée à Paris — Miguel Medina AFP

Aurélie Filippetti fait sa rentrée. L'ex-ministre de la Culture prône, plus d'un mois après sa démission du gouvernement, une VIe République «avec une répartition moins monarchique du pouvoir», dans une interview publiée samedi par Médiapart.

«Il faut une VIe République avec une répartition moins monarchique du pouvoir. Le système de la dyarchie à la tête de l'Etat, qui confine à l'absurdité kafkaïenne, est à bout de souffle», juge celle qui est redevenue députée PS de Moselle. «Il faut un pouvoir plus horizontal, et des contre-pouvoirs plus structurés».

Hollande victime de l'ultra-personnalisation du pouvoir

Selon elle, François Hollande est «victime de l'ultra-personnalisation du pouvoir dans la Ve République». «Cela ne correspond pas à son habitus personnel. Mais quelqu'un à qui on donne les pouvoirs du président de la République a tendance à vouloir les exercer et à s'y enfermer», fait-elle valoir.

Aurélie Filippetti affirme en outre ne pas regretter d'avoir quitté le gouvernement fin août. «On ne peut pas penser que l'on va dans le mur et ne pas chercher à agir pour l'empêcher», explique-t-elle, regrettant que la «doxa idéologique libérale exerce une pression extrêmement forte sur tous les gouvernants». Pour elle, le discours du Bourget de François Hollande «semble avoir été oublié».

Regrette le lien établi entre son départ et sa relation avec Montebourg

«On fait 12 milliards pour les entreprises et 3 milliards pour les ménages: le rééquilibrage est insuffisant», critique Aurélie Filippetti, qui siègera à l'Assemblée au sein de la commission des finances. «Je soutiendrai certains amendements allant en ce sens» lors de l'examen du projet de budget 2015, dans les semaines qui viennent, prévient-elle.

Enfin, elle déplore que son départ ait pu être interprété comme lié à sa relation avec Arnaud Montebourg. «Il est regrettable que l'on en soit toujours là vis-à-vis des femmes politiques, mais le machisme est aussi une manière bien commode d'éviter de répondre aux questions gênantes que je posais dans cette lettre restée sans réponse», fustige Aurélie Filippetti.