Les bureaux de Bygmalion à Paris le 4 juin 2014
Les bureaux de Bygmalion à Paris le 4 juin 2014 — Thomas Samson AFP

JUSTICE

Affaire Bygmalion: Trois ex-cadres de l’UMP mis en examen

Ils ont été mis en examen pour les chefs de faux et usage de faux et d'abus de confiance...

L’enquête «Bygmalion» sur un système de fausses factures lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012 progresse. Selon une source judiciaire citée par l’AFP, Eric Cesari, surnommé «l'œil de Sarko» à l'UMP, l'ex-directrice financière du parti, Fabienne Liadze, et son ancien directeur de la communication, Pierre Chassat, qui étaient depuis jeudi en garde à vue dans les locaux de l'office anticorruption de la police judiciaire, à Nanterre, ont été mis en examen pour les chefs de faux et usage de faux et d'abus de confiance, ce samedi après avoir été présentés aux juges  d'instruction du pôle financier du Tribunal de grande instance de Paris

Fabienne Liadze «contente que l'enquête avance»

Tous trois ont également été placés sous contrôle judiciaire avec l'interdiction d'entrer en contact avec d'autres protagonistes du dossier.

Me Benoît Goulesque-Monaux, avocat de Pierre Chassat, a quitté le pôle financier du tribunal de grande instance de Paris peu avant 13h sans faire de commentaire.

Auparavant, Me Solange Doumic, conseil de Fabienne Liadze, a assuré devant la presse que sa cliente, n'avait «commis aucune infraction» et «a répondu volontiers à toutes les questions» des enquêteurs. «Fabienne Liadze est mise en examen, c'est normal dans le cadre d'une enquête et elle est contente que l'enquête avance», a ajouté l'avocate.

«Cela fait des mois que son nom a été jeté en pâture dans la presse, elle a été licenciée par l'UMP sur le fondement de ces rumeurs, il est grand temps que la vérité éclate», a-t-elle poursuivi.

A la recherche des donneurs d'ordre

Trois autres protagonistes du dossier ont d'ores et déjà été mis en examen mercredi. Il s'agit de trois anciens dirigeants de Bygmalion, la principale société prestataire des meetings sarkozystes :

Après les cadres de Bygmalion, les enquêteurs interrogent ceux de l'UMP pour chercher à déterminer comment le système a été mis en place et qui en a donné l'ordre.

Mercredi, dans le bureau du juge d'instruction, un cofondateur de la société, Guy Alvès, a confirmé sa participation à une vaste fraude permettant de maquiller le compte de campagne de l'ex-chef de l'Etat. «Un dispositif (...) aux termes duquel l'UMP prenait en charge de façon irrégulière des frais de campagne de Nicolas Sarkozy», a déclaré son avocat, Patrick Maisonneuve.

>> Lire le décryptage : Affaire Bygmalion: Et maintenant au tour de Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy? 

18,5 millions d'euros éludés du compte de campagne de Nicolas Sarkozy

Cette manœuvre devait permettre au budget de campagne de ne pas exploser le plafond que la loi fixe pour que les candidats soient sur un pied d'égalité, soit 22,5 millions d'euros pour ceux accédant au second tour.

A cet effet, Event and Cie, filiale événementielle de Bygmalion, avait facturé de nombreuses dépenses à l'UMP et non à la campagne Sarkozy, via des conventions fictives du parti. Selon une évaluation figurant au dossier, pas moins de 18,5 millions d'euros auraient ainsi été éludés du compte de campagne, a dit une source proche du dossier.

Fin juin, le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire pour «faux et usage de faux», «abus de confiance» et «tentative d'escroquerie