Morin condamné pour avoir qualifié Tapie de «gangster de la République»

POLITIQUE L'ancien ministre devra payer une amende de 300 euros...

20 Minutes avec AFP
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Hervé Morin, président du Nouveau Centre, co-fondateur de l'UDI, le 22 janvier 2012 à Nice.
Hervé Morin, président du Nouveau Centre, co-fondateur de l'UDI, le 22 janvier 2012 à Nice. — B. Bebert/Sipa

L'ancien ministre Hervé Morin (UDI) a été condamné vendredi à une amende de 300 euros avec sursis pour avoir déclaré en mai 2013 que Bernard Tapie faisait «partie des grands gangsters de la République».

Le tribunal correctionnel de Paris l'a déclaré coupable d'injure publique, et a en outre condamné Hervé Morin à verser un euro de dommages et intérêts à l'homme d'affaires.

«Attaque personnelle»

Les propos litigieux remontent au 23 mai 2013. Hervé Morin était invité sur i-Télé, alors que l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde était entendue par les magistrats de la Cour de justice de la République dans l'affaire de l'arbitrage au terme duquel Bernard Tapie s'est vu accorder 403 millions d'euros, dont 45 au titre de son préjudice moral, pour régler son vieux litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas.

Bernard Tapie a-t-il perçu trop d'argent? l'interrogeait la journaliste. «Tapie fait quand même partie des grands gangsters de la République, très clairement», avait répondu l'ancien ministre de la Défense.

Le tribunal a considéré qu'il s'agissait d'une «attaque personnelle», «hors de tout véritable contexte de polémique politique, de sorte qu'ils outrepassent les limites admissibles de la liberté d'expression».

Duo avec Gyneco

L'avocat de l'homme d'affaires, Me Martin Reynaud, s'est dit «très satisfait» de cette décision, qui «rappelle que chacun a droit à la protection de sa réputation, y compris Bernard Tapie».

Il avait poursuivi pour injure et non diffamation car il ne s'agissait pas d'un fait précis, comme l'exige la loi sur la presse. L'avocat du député de l'Eure, Me Mario Pierre Stasi, avait invoqué deux chansons, en duo avec le rappeur Doc Gyneco, dans lesquelles Bernard tapie «se qualifie de gangster» et rappelé le «palmarès judiciaire impressionnant» de l'homme d'affaires. En vain.