VIDEO. Quand Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid sur le référendum

POLITIQUE L'ancien chef de l'Etat n'a pas toujours été un fervent défenseur de cet outil consultatif...

Thibaut Le Gal
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Nicolas Sarkozy au Parc des princes le 30 septembre.
Nicolas Sarkozy au Parc des princes le 30 septembre. — JEFFROY GUY/SIPA

Nicolas Sarkozy a peut-être trouvé un moyen de s’ouvrir à nouveau les portes de l’Elysée. «Je crois qu’il est temps de réintroduire le référendum. Le référendum, c’est la clé», annonçait-il au JT de France 2 pour son retour. Dans une interview à paraître vendredi au Figaro Magazine, le candidat à la présidence de l’UMP réaffirme son attachement à cet outil de consultation populaire. «C'est le meilleur moyen pour répondre à la méfiance abyssale que nos concitoyens entretiennent à l'égard de la parole publique». 

 

Référendum dès les législatives

L’ancien chef de l’Etat développe: «Il faut "banaliser" la procédure référendaire pour la rendre à sa vocation première: permettre au peuple de France de trancher des questions importantes qui concernent son destin». Nicolas Sarkozy avait déjà lancé quelques pistes lors de son meeting à Lambersat (Nord): soumettre au peuple la réforme du Parlement et celle des collectivités territoriales. Il entend élargir les thèmes de consultation à son projet de réduction des dépenses publiques, et au RSA. «La question pourrait être posée ainsi: est-ce que toute allocation doit avoir comme contrepartie une activité? Pour moi, la réponse est oui.»

Nicolas Sarkozy souhaite que les consultations se fassent lors du premier tour des élections législatives qui suivent la présidentielle. «Cela permettrait de montrer aux électeurs que la nouvelle majorité est absolument déterminée à mettre en œuvre son projet politique».

 

Je t'aime, moi non plus

En 2012, Sarkozy avait déjà annoncé son désir d’y recourir sur les chômeurs ou le droit des étrangers. Pourtant, l’homme n’a pas toujours été adepte de la pratique chère au Général de Gaulle. Le candidat Sarkozy pourfendait la «démocratie participative» de son adversaire à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal. «C'est la fin de toute volonté politique, c'est la fin de la politique qui prend ses responsabilités (...) c'est la fin de la démocratie représentative dans le soupçon généralisé (...) et la forme ultime de la démagogie», déclarait-il lors d'un meeting dans l'Essonne. Le candidat raillait aussi l'usage du référendum dans une interview à L'Express en mars 2007. «Croyez-vous que, si je suis élu, je vais aussitôt dire aux Français: "Excusez-moi, j'ai besoin de vous demander votre avis sur un autre sujet ?"»

Même opposition en 2005 lorsque Jacques Chirac a soumis le peuple français au référendum sur la Constitution européenne. «Je ne suis pas persuadé que faire voter ou adopter par référendum une Constitution de plusieurs centaines d'articles soit la formule la plus adaptée».

La victoire du «non» n’avait pas empêché le président Sarkozy de faire adopter le traité de Lisbonne par ratification parlementaire, après une révision de la Constitution en 2008. Pendant son quinquennat, il n’y a d'ailleurs jamais eu recours. Un manque d'appétence qui s'explique peut-être par la seule expérience que Nicolas Sarkozy a de l'exercice. C’était en 2003, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, à propos de la fusion des deux départements corses. Le «non» l’avait emporté d’un cheveu.