François Fillon et ses «réformes puissantes» pour redresser les finances françaises

POLITIQUE L’ancien Premier ministre propose 110 milliards d'euros d’économies sur cinq ans…

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon en conférence de presse à Paris, le 1 octobre 2014.
François Fillon en conférence de presse à Paris, le 1 octobre 2014. — WITT/SIPA

Après avoir présenté son programme économique de «rupture totale» le 25 juin, l'ancien Premier ministre François Fillon a approfondi sa démarche, ce 1er octobre. Lors d’une conférence de presse, il a détaillé des mesures pour «libérer la croissance» et économiser 110 milliards d’euros sur cinq ans.

Une économie torrentielle justifiée par la situation du pays, souligne le candidat lancé pour la présidentielle 2017. François Fillon confie «craindre» que la France soit «à la veille d'un accident financier grave» avec une dette qui dépasse aujourd’hui 2.000 milliards d’euros, des déficits à la hausse et un «budget insincère» présenté par le gouvernement.

Des référendums en 2017

Afin de guérir le mal, François Fillon rappelle ses mesures libérales: passage de la durée du travail de 35h à 39h, baisse des charges aux entreprises financée par une hausse de 3,5 points de la TVA, retraite à 65 ans, suppression de l’ISF, dégressivité de l’indemnisation chômage, ou encore une réforme drastique de l’Aide médicale d’Etat. Des mesures «choc» qui, assure François Fillon, n’entraîneront pas de récession. «C’est l’absence totale de perspectives pour les investisseurs, les entrepreneurs, qui entraîne des effets récessifs», précise-t-il devant ses députés amis, dont Eric Ciotti, Jérôme Chartier, Hervé Novelli et Lionel Tardy.

Sur la fusion des collectivités et la réduction du nombre de parlementaires, François Fillon propose un référendum peu après les élections de 2017. Car «on a constaté, avec Nicolas Sarkozy, et d’autres, qu’il était assez difficile de faire voter cela par des assemblées qui sont parfois juges et parties. (…) Ce n’est pas un reproche vis-à-vis des élus», justifie-t-il devant les parlementaires. Mais «c’est tellement difficile qu’à un moment il faut faire trancher le peuple». 

Prendre de court les autres candidats

Pionnier sur le dévoilement de son programme économique, dès l'automne 2013, François Fillon souhaite une nouvelle fois prendre de court les prétendants lancés dans la course présidentielle. Alors qu'Alain Juppé a tracé le 21 septembre les grands axes de son programme, Nicolas Sarkozy, qui est ce jeudi soir en meeting à Troyes, reste aujourd'hui assez vague. 

«Il y a ceux qui disent la vérité et ceux qui se taisent (pour) tromper les électeurs», tranche François Fillon. Persuadé que ses «réformes puissantes» peuvent être «entendues par les Français». Une écoute rendue d'autant plus nécessaire que le député de Paris fait face, en plus des candidats à la primaire à droite de 2016, au bruit médiatique des prétendants à la présidence de l'UMP.

Lancé à rythme de propositions «environ toutes les trois semaines», François Fillon souhaite imprimer son tempo pour la course de fond de 2017. Le candidat devrait ainsi exposer ses projets sur l'immigration à la fin du mois, avant de parler du logement. «Le soufflé sur Nicolas-Sarkozy-le-retour est totalement retombé», assure l'un de ses soutiens parlementaires. «On s'en fout, alors que les propositions de François Fillon, c'est du lourd, du concret», ajoute le député.

A propos de la primaire UMP au Sénat, remportée mardi par le filloniste Gérard Larcher face Jean-Pierre Raffarin, François Fillon a estimé: «Le Sénat a une nouvelle fois fait la preuve de sa très grande indépendance», suscitant le rire et quelques applaudissements de ses soutiens parlementaires. Avant d’ajouter: «Je sais par expérience que les sénateurs ne se laissent guider par personne». Mardi, la large victoire de Gérard Larcher a surpris à l'UMP, où on juge que Jean-Pierre Raffarin a été desservi par ses prises de position en faveur Nicolas Sarkozy pour la présidence de l'UMP.