François Fillon craint un «accident financier grave» pour la France

FINANCES L’ancien premier ministre expose ses propositions…

20 Minutes avec AFP

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François Fillon à Rouez-en-Champagne (Sarthe), le 27 août 2014.
François Fillon à Rouez-en-Champagne (Sarthe), le 27 août 2014. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

L'ancien Premier ministre François Fillon dit «craindre» que la France soit «à la veille d'un accident financier grave qui pourrait faire éclater la zone euro», dans un entretien aux Echos à paraître mercredi.

«Je crains que la France ne soit à la veille d'un accident financier grave qui pourrait faire éclater la zone euro», affirme François Fillon. «Pour l'heure, notre pays ne tient que parce que les taux d'emprunts sont bas», estime-t-il.

Alain Juppé, le «prudent»

«Il faut une véritable refondation économique et sociale. Pas une 'trépanation' mais une guérison», poursuit-il. Il doit présenter mercredi ses propositions pour redresser les finances publiques et libérer la croissance. Il avait déjà présenté à la mi-juin son projet économique.

«Depuis trente ans, y compris moi, nous prônons la réforme progressive... Mais c'est l'honneur d'un responsable politique de reconnaître qu'il s'est trompé et que les remèdes d'hier ne sont plus à la hauteur de la situation», a-t-il ajouté, interrogé sur les divergences dans son camp. François Fillon a récemment qualifié le réformisme d'Alain Juppé de «prudent».

«La droite va redresser le pays»

«Moi je fais le pari de la vérité», a-t-il ajouté. «Les Français sont prêts à des réformes puissantes», a-t-il assuré. «Après l'échec de la gauche, la droite devra redresser le pays avec un courage sans précédent, sinon c'est la porte ouverte aux extrêmes», a-t-il dit.

L'ancien Premier ministre renouvelle ses propositions comme la réduction des effectifs de la fonction publique, à hauteur de 600.000 postes en 5 ans, ou encore passer aux 39 heures. Il souhaite aussi augmenter de 3,5 points la TVA pour financer une baisse des charges des entreprises.

Interrogé sur les économies engagées par le gouvernement et touchant la famille, François Fillon s'est dit en désaccord. «Car il s'y prend toujours avec la même méthode en refusant de faire des réformes structurelles et en procédant par des coupes injustes. Et avec ce gouvernement, cela tombe toujours sur le même public», a-t-il ajouté.