Elections sénatoriales: Marine Le Pen demande une dissolution de l’Assemblée nationale

REACTIONS Tous les commentaires, au lendemain des élections qui ont vu la droite reconquérir le Sénat…

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Marine Le Pen à Fréjus le 7 septembre 2014.
Marine Le Pen à Fréjus le 7 septembre 2014. — APERCU/SIPA

Clap de fin sur un Sénat de gauche. La droite a retrouvé dimanche soir la majorité à la Haute assemblée, en dépit d'une relative résistance de la gauche. Ces élections ont envoyé pour la première fois deux élus du Front national au palais du Luxembourg.

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Marine Le Pen, la présidente du FN, a réclamé à nouveau la dissolution de l'Assemblée nationale ce lundi matin. «Nous avons largement dépassé notre socle politique» de grands électeurs, passant de 1.000 à 4.000, a fait valoir l'eurodéputée sur France 2. «Il faut dissoudre l'Assemblée nationale», a martelé la dirigeante frontiste. «Dans une démocratie digne de ce nom, c'est le peuple et lui seul qui décide lorsqu'il y a un désaveu à ce point de la politique menée». Steeve Briois, secrétaire général du FN, estime lundi sur son blog que cette entrée du FN au Sénat est «historique».

Alors que le FN est contre le cumul des mandats, les deux frontistes élus dimanche vont cumuler leur siège de maire avec leur mandat de sénateur. Cependant, David Rachline a indiqué ce lundi matin sur Europe 1 qu'il allait abandonner son mandat de conseiller régional. 

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Un Sénat menacé «de disparition»

Alors que la droite vient de reconquérir le Sénat, Jean-Pierre Raffarin, tout juste réélu sénateur UMP, a laissé percer un doute ce lundi. Il a assuré sur BFMTV et RMC que la Haute assemblée était menacée «de disparition» si elle ne parvenait pas à prouver son «efficacité». Un avertissement alors que l’ancien Premier ministre brigue mercredi la présidence du Sénat. Jean-Pierre Raffarin s’est dit frappé par «une remise en cause très forte du Sénat dans cette campagne» des sénatoriales. Il voit dans cette assemblée un «contre-pouvoir vis-à-vis de tous les présidents».

Jean-Pierre Bel (PS), qui cédera mardi la présidence du Sénat, a relativisé lundi la défaite de la gauche. Il a pointé une «déculpabilisation» des grands électeurs ayant conduit à l'élection de deux sénateurs FN. A propos de la victoire de la droite, «il n'y a pas eu de raz-de-marée», a-t-il estimé. «Nous avons bien tenu», a encore jugé l'ex-sénateur de l'Ariège.

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L'UDI veut être «respectée», a prévenu ce lundi Yves Jégo, candidat à la présidence du parti centriste. Le  député de Seine-et-Marne souhaite que le groupe centriste présente un candidat à la présidence du Sénat. «Je le dis vraiment comme un avertissement à l'UMP: Ne considérez pas que l'UDI est un accessoire à votre disposition. Ce n'est pas un hochet, les électeurs de l'UDI veulent une UDI indépendante qui puisse porter des valeurs un peu différentes de l'UMP», a lancé Yves Jégo sur I-télé. «L'UMP n'est pas le parti unique qui dirigerait le Sénat, il faut que ce soit une alliance pluraliste», a-t-il encore estimé.

Les perdants de ces élections, ce sont les femmes, estime ce lundi l’association féministe «Osez le féminisme!». Dans un communiqué, elle rappelle qu’il y a 23,5% de sénatrices pour «76,5% d’hommes au Sénat». Avant de dénoncer «les stratégies développées par les partis pour contourner les règles visant à assurer la parité: un machisme décomplexé venant s’ajouter au bilan peu glorieux de la Chambre Haute en matière de droits des femmes.»