UMP: Nicolas Sarkozy et la petite révolution d’une primaire ouverte

POLITIQUE Candidat à la présidence de l'UMP, Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi qu’il tenait au principe d'une primaire, ce qu'il refusait il y a encore quelques mois…

Anne-Laëtitia Béraud
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Nicolas Sarkozy lors de son premier meeting de campagne pour la présidence de l'UMP, le 26 septembre 2014 à Lambersart (Nord).
Nicolas Sarkozy lors de son premier meeting de campagne pour la présidence de l'UMP, le 26 septembre 2014 à Lambersart (Nord). — ALCALAY SARAH/SIPA

Alain Juppé l’avait menacé mardi de «conflit dur» s’il abandonnait le principe d’une primaire pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle de 2017. Jeudi soir en meeting à Lambersart (Nord), Nicolas Sarkozy a mis les pendules à l’heure: oui, il y aura bien une primaire à droite.

«Qui pourrait de bonne foi douter qu'il en fût autrement? A-t-on oublié mon tempérament?» a lancé Nicolas Sarkozy devant ses partisans. Reste désormais en suspens la question de savoir si cette primaire se limitera aux seuls membres de l’UMP, ou si elle sera ouverte aux centristes.

Choix des sarkozystes

Réagissant ce vendredi aux propos de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé est resté circonspect. Le candidat à la primaire de l'UMP pour la présidentielle de 2017 a expliqué attendre de «voir comment elles sont organisées». «On est d'accord sur le principe, après il faut passer à l'organisation», a insisté Alain Juppé lors d’une conférence de presse à Bordeaux. 

Une méfiance nourrie par les déclarations successives des sarkozystes depuis des mois. Selon eux, Nicolas Sarkozy, grâce à son autorité et son prochain statut de président de l’UMP, n’aurait pas à s’abaisser à une primaire pour se présenter à la présidentielle.

«Tradition gaulliste»

Une position réaffirmée jeudi par François Baroin, soutien de Nicolas Sarkozy. Au Point, l’ancien ministre explique que «cette élection à la tête du parti vaut primaire à l'UMP. Si Juppé et Fillon pensent avoir des chances de devenir président, ils auraient dû s'y présenter.» Car dans «notre tradition gaulliste, le chef du parti est le mieux placé pour la présidentielle».

Un argument qui fait écho aux propos, début juin au Monde, de l’ancien ministre Brice Hortefeux. Le vieil ami de Nicolas Sarkozy estimait alors qu’«une primaire est utile lorsqu'il y a incertitude. Elle devient inutile lorsqu'un choix s'impose naturellement car elle encourage des combats stériles».

Se plier au «référendum interne»

«Le camp Sarkozy s’est rendu compte que refuser une primaire irait à l’encontre de ce que veulent les militants», estime le politologue Eddy Fougier, chercheur associé à l’Iris. Avant de rappeler que «l’élan de la primaire socialiste désignant François Hollande en 2011 a participé à sa victoire en 2012». Un souffle dont a besoin Nicolas Sarkozy, qui aspire à «ratisser au centre tout en ne perdant pas de vue les voix allant au Front national».

«Pour son retour, Nicolas Sarkozy a besoin de mobiliser, d’apaiser, de rester ouvert au débat», continue Eddy Fougier. «Quand on appelle à la multiplication des référendums au sein de la société française, on peut difficilement passer outre le référendum interne qu’est une primaire», conclut le politologue.

>> Notre appel à débat: Qu'avez-vous retenu du meeting de Nicolas Sarkozy?