VIDEO. Meeting de Lambersart: Sarkozy s'en prend à Hollande, «perdu» et «sonné»

POLITIQUE Pour son grand retour devant les militants, Nicolas Sarkozy s'en est pris à François Hollande et son gouvernement...

Anissa Boumediene
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Nicolas Sarkozy en meeting à Lambersart (Nord).
Nicolas Sarkozy en meeting à Lambersart (Nord). — Mi.Spingler/AP/SIPA

Il est de retour sur le ring, et après deux ans et demi d’un silence relatif, Nicolas Sarkozy a mangé du lion. Il a changé, assure-t-il, mais l’ancien chef de l’Etat ne s’est pas défait de sa verve pugnace. En meeting à Lambersart (Nord) pour lancer sa campagne à la présidence de son parti, il a servi à son auditoire un discours qui balaie tout: économie, écologie, immigration, homophobie, terrorisme… Et tout sur son passage. Il n'y aurait d'ailleurs probablement pas changé une virgule s'il s'était agi de son discours d'entre-deux tours de la présidentielle.



Sarkozy qualifie le pouvoir actuel de «sonné» par 20Minutes

François Hollande «perdu», «sonné» et «sans stratégie»

Dans sa ligne de mire, son successeur, François Hollande. «Que reste-t-il de l’immense "Moi président"?», lance-t-il à la foule, fustigeant copieusement la politique conduite par l’actuel occupant de l’Elysée, décrivant François Hollande comme «perdu», «sonné» et «sans stratégie». Avant d’expliquer que selon lui, «aucune organisation ne peut fonctionner sans leadership», taclant de manière à peine voilée l’actuel chef de l’Etat.

«Les Français trouvent que les sommets de l'Etat sont perdus, sonnés, incapables du moindre bond, sans perspectives, sans stratégie», a-t-il lancé à ses partisans conquis. «Et que dire de ces comportements qui abaissent le débat public. La présidence dite normale? On imagine ce que cela aurait été si elle ne l'avait pas été», a-t-il dit, sourire aux lèvres, en recevant une pluie d’applaudissements.

Souvent taclé pour son mélange des genres, mêlant vie publique et privée, Nicolas Sarkozy n’a pas boudé son plaisir en s’en prenant à la gauche au pouvoir. «Le comportement exemplaire des ministres? Le Président qui ne se mêlera pas de tout? La vie privée qui ne devra pas interférer avec la vie publique?», a-t-il interrogé, déclenchant rires et applaudissements dans la salle.

«On s’attendait au pire, au moins de ce point de vue, nous n’avons pas été déçus»

«A mi-mandat présidentiel, c'est sans doute ce qu'on appelle un sans-faute. On s'attendait au pire, au moins de ce point de vue, on n'a pas été déçus», a-t-il poursuivi, dénonçant ensuite l'acharnement qui, selon lui, a frappé son action et ses partisans.

«Deux ans et demi durant, j'ai assisté, triste et silencieux, à la destruction systématique de tout ce que nous avions fait, non parce que c'était mal, non parce que ça ne marchait pas, mais parce que c'était nous», a-t-il affirmé face à la foule venue le voir à Lambersart. «Au lendemain de l'élection présidentielle, tous ceux qui n'étaient pas socialistes, tous ceux qui ne pensaient pas dans la bonne direction, tous ceux qui n'appartenaient pas à la nouvelle majorité, étaient destitués, démis, accusés renvoyés», a-t-il accusé.

«Cette fascination pour la revanche a précipité notre pays dans la stupéfaction d'abord, dans l'indignation ensuite. Le nombre de mensonges, le nombre de gens à qui on a menti est si important, qu'aujourd'hui se répand partout en France, dans toutes les régions, dans toutes les catégories, une sourde colère», a déclaré celui qui souhaite, dans un premier temps, prendre la tête de son parti, avant, peut-être, de tenter de reprendre la tête de l’Etat en 2017, assurant qu’«il y aura des primaires à droite avant 2017, qui pourrait douter de bonne foi qu'il en fût autrement?»