Sénatoriales: Qui est Jean-Pierre Bel, le président de la Haute Assemblée sur le départ ?

POLITIQUE Il pourrait rebondir à l'Elysée comme conseiller chargé de l'Amérique latine...

M.B.
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 Jean Pierre Bel, président PS du Sénat.
Jean Pierre Bel, président PS du Sénat. — WITT/SIPA

Il était inconnu du grand public lors de son accession à la tête du Palais du Luxembourg en 2011. Fidèle à sa réputation de discrétion, Jean-Pierre Bel qui se retire de la politique à l'issue des élections sénatoriales du 28 septembre, repart sans beaucoup plus de notoriété.

Pourtant, la présidence du Sénat est un poste convoité. Son titulaire possède non seulement un pouvoir important de nominations, en particulier de trois des neuf membres du Conseil constitutionnel, mais surtout, en cas de mort ou démission du président de la République, il assure l'intérim en attendant l'élection présidentielle.

Trois ans et puis s’en va

Mais Jean-Pierre Bel qui était entré pour la première fois au Sénat en 1998 comme sénateur de l’Ariège, avait décidé dès le mois de mars dernier d'abandonner son fauteuil au bout de seulement trois ans, invoquant «un choix personnel très ancien», qui avait créé la surprise.

>> A relire: L'inconnu Jean-Pierre Bel, de l'Ariège vers le «plateau» du Sénat

«Dès les premiers jours qui ont suivi mon élection à la présidence, j'en ai informé François Hollande, alors qu'il était lui-même candidat à la candidature pour la présidence de la République. Lui et lui seul», expliquait-il au printemps.

 

Selon Le Canard enchaîné, Jean-Pierre Bel rejoindrait François Hollande à l’Elysée en qualité de conseiller chargé de l'Amérique latine. Réponse de l’intéressé à France 3: «Je me réserve le droit d'exercer une activité après le Sénat mais à ce jour, personne ne peut prétendre à la connaître.»

Le Sénat, un lieu d’obstruction

Premier président du Sénat socialiste dans l'histoire de la Ve République, son bilan est souvent jugé mitigé. Si à son arrivée, il souhaitait ne pas transformer la deuxième chambre du parlement en bastion, refusant alors que le Palais du Luxembourg devienne un lieu d’obstruction, son ambition a été contrecarrée par l'élection de François Hollande, le PS, contrairement à l'Assemblée nationale, n'y disposant pas de la majorité absolue.

 

Résultat, les sénateurs ont rejeté plusieurs textes emblématiques pour le gouvernement Ayrault, comme l'ensemble des projets de loi budgétaires, ou la réforme des retraites. Ces votes ont donc terni l'image du Sénat et celle de son président au sein de la majorité, sur laquelle il a peiné à imprimer sa marque, contrairement à Claude Bartolone à l'Assemblée.

C’était la dernière séance

La dernière séance de questions au gouvernement qu'il avait présidée, le 17 juillet, avait été d’ailleurs perturbée par quatre militantes Femen qui avaient crié depuis la tribune, seins nus: «Etes-vous macs ou sénateurs?» Elles faisaient allusion au rejet en commission au Sénat de la pénalisation des clients des prostituées. Imperturbable, Jean-Pierre Bel avait continué à présider la séance pendant que les quatre jeunes femmes étaient évacuées de force.

 

Un cocktail de départ avait été organisé en son honneur la semaine suivante à la présidence du Sénat, auquel s'étaient rendus François Hollande et Manuel Valls.