Le sénateur UMP et maire de Woippy (Moselle) François Grosdidier, le 31 mars 2011.
Le sénateur UMP et maire de Woippy (Moselle) François Grosdidier, le 31 mars 2011. — POL EMILE/SIPA

JUSTICE

UMP: Le sénateur François Grosdidier devant le juge pour détournement de fonds publics

Il est notamment poursuivi pour avoir abusé de la franchise postale parlementaire...

Le sénateur de la Moselle et maire de Woippy François Grosdidier (UMP) sera jugé en correctionnelle pour détournement de fonds et biens publics lorsqu'il était député-maire, après dix ans d'enquête. M. Grosdidier est notamment poursuivi pour avoir abusé de la franchise postale parlementaire, surtout au moment de sa candidature à la présidence de l'UMP en 2004 quand il était député, selon l'ordonnance de renvoi du juge d'instruction datant de fin juillet.

La justice lui reproche également d'avoir fait payer à sa commune des frais d'entretien et de fonctionnement de permanence parlementaire, des factures d'impression pour son association politique, ou encore d'avoir eu abusivement recours à des véhicules municipaux à des fins distinctes de ses tâches de maire.

«La montagne accouche d'une souris»

Outre M. Grosdidier, sept autres personnes -anciens ou actuels membres du conseil municipal de Woippy ou contractuels- ont été renvoyées devant le tribunal dans ce dossier, certaines pour prise illégale d'intérêts dans le financement d'associations locales, d'autres également pour l'utilisation détournée de véhicules municipaux.

L'affaire avait démarré en 2004-2005 avec les plaintes successives de deux membres de la première équipe municipale de M. Grosdidier, maire de Woippy depuis 2001, avec lequel ils s'étaient brouillés. « La montagne accouche d'une souris », a réagi M. Grosdidier à propos de son renvoi devant le juge, deux ans après sa mise en examen dans ce dossier. « C'est une instruction complètement à charge et jusqu'au-boutiste » et l'enquête durant ces dix ans a coûté « bien plus d'argent » que les dépenses qui lui sont reprochées et dont il « conteste » l'illégalité, a-t-il ajouté.