Retour de Sarkozy: L'ancien président «remonte sur le ring»

REVUE DE PRESSE Les éditorialises rivalisent d'images pour décrire le retour de l'ancien président en politique...

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration de l’institut Claude Pompidou, le 10 mars 2014.
Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration de l’institut Claude Pompidou, le 10 mars 2014. — Lionel Cironneau/AP/SIPA

Rien n'a vraiment changé dans l'attitude de Nicolas Sarkozy, qui «remonte sur le ring» face à ses concurrents au sein de l'UMP et qui était dimanche soir l'invité du 20h de France 2, estime lundi la majorité des éditorialistes de la presse française.

«Nicolas Sarkozy n'a évidemment pas changé», affirme Eric Decouty dans Libération. «Il revient avec cet esprit belliqueux dont il n'a jamais su se départir», ajoute l'éditorialiste du quotidien de gauche, pour qui «passé l'affrontement sans péril pour la conquête sans gloire de l'UMP, c'est cette guerre que Nicolas Sarkozy va devoir mener dans son propre camp».

Un sage un peu brouillon

Maud Vergnol dans L'Humanité n'y va pas par quatre chemins: «L'échec de la politique de Hollande et son entêtement à rester dans les clous austéritaires offrent une fenêtre de tir inespérée à l'ancien président des riches». «On aurait tort de prendre ce remake indigeste à la légère», convient-elle. Olivier Pirot de la Nouvelle République du Centre-Ouest constate qu'il est devenu «un sage un peu brouillon» et que «pour se convaincre que Nicolas Sarkozy a véritablement appris de ses deux années et demi sans mandat, il faudra attendre».

Si Pour Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace, l'ancien président de la République «rêve d'en découdre avec qui lui barrera la route de l'Élysée», «il est toujours fascinant de voir un grand animal politique s'ébrouer et reprendre sa place au milieu de l'arène». «Parce que l'arène, le ring, la politique c'est pareil», estime-t-il.

La fin d'une UMP « inaudible, morcelée, désespérante »

L'ex-chef de l'Etat revient « peut-être beaucoup trop vite et fort dans le jeu politique, au risque d'apparaître en homme (trop) pressé, même si c'est tout le contraire qu'il veut afficher », explique Christophe Bonnefoy dans le Journal de la Haute-Marne. D'autant que pour cet éditorialiste, « la guerre est d'ores et déjà déclarée à droite » avec une UMP qui « pourrait ne pas survivre à cette nouvelle donne et aux rivalités qu'elle va alimenter ».

Paul-Henri du Limbert se montre plus optimiste dans Le Figaro affirmant que « le retour de Nicolas Sarkozy a le mérite de clore un chapitre peu glorieux de l'histoire de la droite française » et de l'UMP, qui « inaudible, morcelée, désespérante », a « gâché 28 mois, s'envoyant de la vaisselle à la figure ».

« Nicolas Sarkozy tente comme Napoléon le retour de l'île d'Elbe » admet Bruno Dive dans Sud-Ouest. « Mais » selon lui, « des rivaux aussi sérieux qu'Alain Juppé ou François Fillon feront tout pour que l'expérience n'excède guère les cent jours et que les primaires soient son Waterloo ». Une allusion historique reprise par Philippe Palat du Midi Libre, pour qui « le ring UMP ressemble plutôt à une morne plaine parsemée de troupes affaiblies sur laquelle l'ex-président en chef déboule tambour battant ».