Nicolas Sarkozy sur France 2: «Un grand exercice de narcissisme cathodique»...

POLITIQUE Les réactions à la prestation télévisée du candidat à la présidence de l’UMP n'étaient pas tendres...

M.C.
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Nicolas Sarkozy adresse un signe de la main aux photographes après son passage télévisé sur France 2, le 21 septembre 2014.
Nicolas Sarkozy adresse un signe de la main aux photographes après son passage télévisé sur France 2, le 21 septembre 2014. — Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

La prestation télévisée de Nicolas Sarkozy au journal télévisé de France 2 dimanche soir, au cours de laquelle il a confirmé vouloir prendre la tête de l’UMP, était pour le moins attendue. L’ancien président, lui, était attendu au tournant par la classe politique, qui n’a pas tardé à réagir.

>> Le live de l'interview de Nicolas Sarkozy est à revivre par ici

Pour Corinne Narassiguin, porte-parole du Parti socialiste, «Nicolas Sarkozy fait déjà aujourd'hui le contraire de ce qu'il avait promis il y a deux jours: fausse modestie qui cache mal l'arrogance, esprit de revanche et d'affrontement, il sature l'espace médiatique en espérant que le bruit fera oublier les affaires. C'est plus fort que lui. Comme Silvio Berlusconi, il n'échappe pas à sa nature profonde.»

«Une causerie nombriliste bien éloignée des attentes des Français»

Dans un communiqué, le Parti de gauche estime lui que «France 2 a imposé aux Français un grand exercice de narcissisme cathodique autour de Nicolas Sarkozy, qui a annoncé la couleur en disant qu'il fera "la même chose", mais cette fois sur un autre ton. Faisant le pari de l'amnésie générale des Français, Sarkozy a affirmé sans vergogne qu'il n'avait "pas menti", tout en évoquant les grandes mobilisations de 2010 qui lui reprochaient - justement - d'avoir menti pendant sa campagne sur le maintien de la retraite à 60 ans.»

Sur le même ton, Guillaume Lacroix, secrétaire général du Parti radical de gauche, a regretté «une causerie nombriliste bien éloignée des attentes des Français. Sans aucune proposition alternative, sans aucune vision d'avenir pour la France, Nicolas Sarkozy s'est érigé dimanche soir en donneur de leçons qu'il ne s'est pas appliquées à lui-même lors de sa vie publique.»

«Il prend en otage l'UMP pour assouvir sa soif de revanche sur François Hollande»

A droite, si Nicolas Sarkozy a reçu quelques soutiens, notamment celui de Guillaume Peltier, l'un des vice-présidents de l'UMP, ses déclarations ont été jugées plutôt durement.

«Ce soir, les Français auront compris que Nicolas Sarkozy n'a pas changé», a ainsi taclé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République. «Parlant davantage de lui que de la France, il a refusé de tirer les leçons de ses échecs passés. Il prend en otage l'UMP pour assouvir sa soif de revanche sur François Hollande. L'ancien chef de l'État ne sert pas l'urgent besoin d'alternance ressenti dans notre pays».

Hasard ou pas, au moment où Nicolas Sarkozy s'exprimait sur France 2, Alain Juppé publiait sur son blog «les grandes lignes» de son «projet pour l'alternance»: croissance, Europe, éducation nationale, unité nationale. Et quand le candidat Sarkozy assurait à l’antenne qu’«Alain Juppé, je l'ai connu quand j'avais 20 ans. C'est un partenaire, c'est un ami, c'est un compagnon, c'est quelqu'un pour qui j'ai même de l'admiration et j'aurai besoin de lui», Gilles Boyer, l’un des proches conseillers du maire de Bordeaux, a aussitôt ironisé sur Twitter : «Alain Juppé aura besoin de Nicolas Sarkozy, un partenaire, un ami, un compagnon».

«Ce soir, les Français auront compris que Nicolas Sarkozy n'a pas changé», a asséné Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République. «Parlant davantage de lui que de la France, il a refusé de tirer les leçons de ses échecs passés. Il prend en otage l'UMP pour assouvir sa soif de revanche sur François Hollande. L'ancien chef de l'État ne sert pas l'urgent besoin d'alternance ressenti dans notre pays».

Peu avant la prestation de Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, invitée du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI estimait elle que l’ancien président «ne peut pas avoir changé pour la troisième fois. Il dit qu'il veut rassembler, mais il relance la guerre des chefs à l'UMP en taclant avec une violence, une brutalité inouïe, Alain Juppé. Il a une énorme immodestie (sur le thème) la France a besoin de moi.»