Entre crispation et rivalité, le retour de Nicolas Sarkozy fait réagir

POLITIQUE Alain Juppé et François Fillon ont tenté de minimiser l'évènement...

Delphine Bancaud

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L'ancien président Nicolas Sarkozy quitte son bureau parisien, le 19 septembre, jour de l'annonce de son retour politique
L'ancien président Nicolas Sarkozy quitte son bureau parisien, le 19 septembre, jour de l'annonce de son retour politique — Joel Saget AFP

Après le suspense, les commentaires. Le retour en politique de Nicolas Sarkozy annoncé ce vendredi, a suscité une flopée de réactions ce week-end. Comme à son habitude, l'ex-président de la République n'a pas laissé indifférent. Ses rivaux ont tenté de garder la tête haute ce week-end, faisant mine de ne pas être déstabilisés par cette nouvelle donne politique.

L'ancien Premier ministre François Fillon a affirmé ce dimanche dans un discours devant ses partisans à Domont (Val-d'Oise), ne pas avoir le «culte des sauveurs», tout en assurant vouloir «rester au-dessus» de la campagne pour la présidence de l'UMP. Selon le député de Paris, «aujourd'hui, la question n'est pas de savoir qui peut battre François Hollande». «A priori, tout le monde. Non, la question est comment rassembler les Français et surtout pour quoi faire».

Fillon et Juppés déterminés

Sans jamais citer nommément Nicolas Sarkozy, François Fillon a tenté de minimiser l'importance de l'élection à la tête de l'UMP à laquelle l'ex-chef de l'Etat est désormais officiellement candidat. «Mon parti, c'est mon pays, et c'est pour lui que je m'inquiète et que je me bats», a-t-il dit devant plusieurs centaines de ses partisans réunis pour un «barbecue de rentrée».

Combatif, l'ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) a estimé de son côté dimanche que le «match» pour 2017 avait «commencé» et affirmé qu'il irait «jusqu'au bout» de sa candidature à des «primaires de la droite et du centre», lors du «Grand rendez-vous Europe 1-Le Monde-i>Télé».

«L'intox a commencé», a répondu l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, interrogé sur les arguments prêtés à Nicolas Sarkozy contre sa candidature, à savoir son âge (71 ans en 2017) et son passé judiciaire. Mais «je ne vais pas passer mon temps à me positionner par rapport à Nicolas Sarkozy, ce qu'il pense, ce qu'il est supposé penser ou ce que vous lui faites dire». Cependant, «en matière d'ennuis judiciaires, vaut mieux pas se livrer à un match, hein!» a-t-il lâché.

Bayrou méfiant

Le président du MoDem, François Bayrou, a quant à lui fait part de sa méfiance ce dimanche alors que Nicolas Sarkozy a évoqué pour son retour la construction d'un vaste rassemblement. «La politique française a besoin de tout, sauf d'un parti unique, elle a le plus grand besoin d'échapper à la mainmise d'un appareil unique, de courants internes d'un appareil unique, (...) des habitudes et des dérives que nous ont imposées depuis des années le monopole du PS et de l'UMP», a-t-il lancé devant plusieurs centaines de personnes en clôture de l'université de rentrée du MoDem à Guidel (Morbihan).

La proposition de Nicolas Sarkzoy est une «tentative de plus de fusion-absorption du centre dans une réédition de l'UMP», qui «était déjà le parti unique de la droite et du centre», a-t-il déclaré.

Placé ironique

Le retour de Nicolas a suscité aussi quelques railleries, notamment chez le président du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé. «Ah bon, il est revenu? Parce que pour être revenu, il faudrait être parti un jour», a déclaré l'élu de l'Essonne lors du 12/13 de France 3.

Il a déploré une mise en scène «très bonapartiste» de la part de l'ancien chef de l'Etat, qui «incontestablement» plonge le pays «déjà dans la campagne présidentielle», une «campagne d'écuries», «individualisée», où l'on «parle assez peu» des «problèmes des Français».