Jean-Marie Le Guen et le GUD: Ces politiciens passés par les jeunesses nationalistes

EXTRÊME DROITE Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires est accusé d'avoir milité au sein d’un mouvement d’extrême droite, il ne serait pas le seul…

Anissa Boumediene

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Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen.
Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. — J.SAGET / AFP

Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires, Jean-Marie Le Guen, n’a pas du tout apprécié le livre de Laurent Mauduit, A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, dans lequel il est accusé d’avoir milité au Groupe union défense (GUD), un mouvement nationaliste étudiant. Il a d’ailleurs déjà déposé plainte pour diffamation. Aucun élément ne prouve ces allégations mais l'engagement de politiciens au sein des jeunesses d’extrême droite à l'instar d’Occident ou du GUD est avéré. Petit tour d’horizon de leurs militants connus.

>> C'est quoi le GUD?

Hervé Novelli

L’ex député UMP d’Indre-et-Loire n’aime pas qu’on lui rappelle son passé de militant d’extrême droite, là où il a fait ses débuts en politique. C’est pourtant bien lui qui, avec d’autres militants du même bord, crée dans les couloirs de l'université parisienne d’Assas en décembre 1968 le Groupe union droit, qui devient plus tard le Groupe union défense (GUD).

Alain Robert

Ce n’est pas une star, mais c’est un personnage central de l’extrême droite. Dans ses jeunes années, il adhère successivement à différents mouvements nationalistes, dont Occident. Après sa dissolution, en 1968, il cofonde et codirige le GUD. Surtout, c’est lui le véritable fondateur du Front national, lui qui fait appel à Jean-Marie Le Pen en 1972 pour prendre les rênes du parti et fédérer les droites extrêmes, alors éclatées. Le politicien, ex-conseiller municipal et ancien membre du cabinet ministériel de Charles Pasqua, change de couleur politique dès le début des années 80 pour ensuite voguer sous l’étendard du RPR, puis de l’UMP.

Alain Madelin

Dès l'âge de seize ans, il embrasse la cause nationaliste. Etudiant en droit à Assas, il est en 1964 l’un des principaux fondateurs d’Occident. Quand celui qui a occupé trois ministères évoque ses années au sein de ce mouvement, Alain Madelin assure n’avoir été animé que par un «anticommunisme militant, extrême et passionné». Une passion qui le fait condamner à deux reprises. D’abord en 1965, avec son camarade Patrick Devedjian, à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l'épreuve pour vol et détention d'armes. Puis deux ans plus tard, pour «violences et voies de fait avec armes et préméditation». Il est soupçonné d’avoir participé à la préparation d’un hold-up.

Philippe Péninque

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais vous savez ce qu’il a fait. Ce conseiller de Marine Le Pen, dont il se dit un «grand ami», a ouvert le compte en Suisse de son autre ami, Jérôme Cahuzac. Ancien avocat spécialisé dans les montages financiers, il est au cœur de ce qu’Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde et auteurs de Le Système Le Pen : Enquête sur les réseaux du Front national, ont baptisé le «GUD business», un lot d’entreprises créées par des anciens «gudards» qui font des affaires entre amis.

Gérard Longuet

Après une scolarité au lycée Henri IV, il prend part, aux côtés d'Alain Madelin, à la création d’Occident. C’est encore à ses côtés, trois ans plus tard, qu’il est condamné pour complicité de «violence et voies de fait avec armes et préméditation», avec douze autres militants d'extrême droite, dont Patrick Devedjian, Alain Madelin et Alain Robert. «Nous étions jeunes et libres, se remémore avec nostalgie le sénateur UMP. Il s'agissait là de rites initiatiques de jeunes gens, un folklore d'aspect paramilitaire».

Patrick Devedjian

L’ex ministre rejoint lui aussi Occident en 1964. Il n’a pas vingt ans, mais scande sans peine le slogan du mouvement : «Tuez tous les communistes où ils se trouvent !». Il  adhère activement jusqu’en 1967 avant de revêtir la robe d’avocat. Lorsqu’il fait ses débuts en politique, il rejoint alors les rangs de L'Union des démocrates pour la cinquième République (UDR), qui comptera également parmi ses membres le jeune Nicolas Sarkozy.

Claude Goasguen

C’est un passage de sa vie qu’il n’assume pas, mais le député UMP, partisan de l’Algérie française puis soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancourt, candidat nationaliste à la présidentielle de 1965, a lui aussi fait partie d’Occident, mais il l’a toujours nié.