Frédéric Péchenard, ex-patron de la police et directeur de campagne de Sarkozy

POLITIQUE Alors que Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à la présidence de l'UMP, Frédéric Péchenard devient son directeur de campagne...

Anissa Boumediene

— 

Frédéric Péchenard et Nicolas Sarkozy à Toulouse en 2012.
Frédéric Péchenard et Nicolas Sarkozy à Toulouse en 2012. — J-P.MULLER / AFP

L’ancien flic confirme son virage vers la politique. Après avoir mené campagne aux côtés de NKM pour ravir la capitale à la gauche, Frédéric Péchenard va s’embarquer pour une nouvelle bataille électorale. Nicolas Sarkozy, qui vient d’annoncer sur sa page Facebook sa candidature à la présidence de l’UMP, a choisi l’ancien directeur général de la police nationale pour prendre les commandes de sa campagne.

Enfance bourgeoise près de Sarkozy

Issu de la bourgeoisie parisienne, Péchenard grandit auprès de ses parents avocats dans l'hôtel particulier familial où il vit toujours, situé rue de Fortuny dans le 17e arrondissement de la capitale. Il fréquente le lycée Carnot au côté d’un certain Nicolas Sarkozy, dont il est voisin. Plus jeune que ce dernier, il n’est à l’époque pas encore proche de celui qui deviendra son mentor. En revanche, leurs mères respectives, toutes deux avocates, sont amies. «Nous n'étions pas compagnons de jeu, écrit-il dans Gardien de la paix (éd. Michel Lafon). Mais je l'ai croisé de manière régulière. (…) Les Sarkozy ont toujours fait partie de mon environnement familial.»

«Bluffé» par Nicolas Sarkozy

Après avoir fait son service national comme officier dans les chasseurs parachutistes, Frédéric Péchenard marche dans les pas de ses parents et obtient une maîtrise de droit. Mais, plutôt que d’enfiler la robe d’avocat, il préfère rejoindre les bancs de l'école de commissaires de Saint-Cyr-au-Mont-d'Or. Il fait ses armes en 1983 en tant que chef de commissariat avant de faire le tour du «36»: unités de recherche, brigade des stup’, section antiterroriste, etc. En 1993, il devient le numéro 2 de «l'antigang». La même année, durant la prise d'otages de la maternelle de Neuilly, il retrouve Nicolas Sarkozy et se dit «bluffé par le courage» de celui qui, alors maire de la ville, négocie avec le preneur d’otages.

«Un sarkozyste fidèle»

En 2002, quand Nicolas Sarkozy s’installe place Beauvau, Frédéric Péchenard est à la tête de la Crim’ et les deux hommes se rapprochent. Cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy, élu président, fait en sorte que son ami soit nommé à la tête de la Direction générale de la police nationale (DGPN), une promotion qu'il n'aurait pas pu avoir «sans Sarkozy devenu président», selon les propres dires du policier. Nommé préfet hors cadre en 2013, il prend un virage politique et rejoint Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris.

Désormais, c’est aux ambitions de son ami de longue date que «Pèche», comme le surnomment ses amis de la police, va se consacrer, car «le but est d'aider Nicolas à revenir à l'Elysée», confiait-il en mars dans les colonnes de Libération. «(…) Si Frédéric Péchenard devenait directeur de campagne du président, ce serait une excellente nouvelle», se réjouissait la maire UMP du 17e arrondissement Brigitte Kuster, proche de Nicolas Sarkozy, avant la nomination de Péchenard. «C'est un homme d'expérience, un sarkozyste fidèle», décrit-elle. Un sarkozyste fidèle qui a reconnu en 2011 avoir demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) d’identifier la source qui avait informé un journaliste du quotidien Le Monde au sujet de l'affaire Woerth-Bettencourt.