Conférence de presse: François Hollande plie mais ne rompt pas

POLITIQUE Le chef de l'Etat donnait jeudi sa quatrième conférence de presse semestrielle où il abordait notamment l'Irak, l'indépendance de la presse et le vote de confiance...

Thibaut Le Gal
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François Hollande en conférence de presse à l'Elysée à Paris, le 18 septembre 2014
François Hollande en conférence de presse à l'Elysée à Paris, le 18 septembre 2014 — Patrick Kovarik AFP

Avec François Hollande, rien ne change. Comme un symbole, la pluie a une nouvelle fois accompagné le président. Cette fois jusqu’à l’intérieur même du palais présidentiel, où le chef de l'Etat donnait ce jeudi sa quatrième conférence de presse. Une fuite d’eau dans le plafond de la salle des fêtes a en effet obligé les techniciens à intervenir quelques minutes avant sa prise de parole.

Il pleut a l'Elysee ! (De l'eau qui tombe du plafond) #ConfPR pic.twitter.com/5X6WDdpc5D
— Thibaut Pézerat (@ThibPez) 18 Septembre 2014

Hollande, chef de guerre

Pour le reste, François Hollande est resté fidèle à lui-même. Insubmersible malgré la tempête. «Le monde affronte des crises qui se conjuguent, se renforcent les unes les autres. L’Europe se retrouve devant des choix cruciaux. Et la France s’interroge dans un climat de défiance lourd sur son avenir», a insisté, d’une voix grave, le président de la République. «Mon premier devoir, c’est d’assurer la sécurité de la France».

Le chef de l'Etat a dressé le sombre tableau de la situation internationale. «Le monde est menacé gravement, par un terrorisme qui n’a jamais eu autant de moyens financiers et humains. C’est en Irak et en Syrie que le danger est le plus grand». Endossant les habits de chef de guerre qu’il a plusieurs fois empruntés depuis le début de son mandat, François Hollande a annoncé que la France allait accorder «un soutien aérien» en Irak pour combattre l’Etat islamique. Et précisé que ce soutien ne s’étendrait pas en Syrie et qu’il n’y aurait pas «de troupes au sol».

Autre annonce dans son discours, l’installation à venir d’un hôpital militaire français en Guinée pour lutter contre le virus Ebola. «Là encore, il s'agit de sauver des vies et de protéger les nôtres.»

Le dos rond face aux sondages

Concernant sa chute dans les sondages, le président de la République a fait le dos rond. «Il n’est écrit dans la Constitution nulle part que ce serait un sondage qui ferait que le pouvoir pourrait être exercé ou pas», ajoutant que dans un tel cas de figure, nous ne serions «plus dans la démocratie mais dans l'opinion». Roseau qui plie mais ne rompt pas.

A l'image de Manuel Valls lors de son discours de politique générale prononcé deux jours plus tôt, le chef de l’Etat a maintenu le cap des réformes. «Les résultats tardent à venir (...), ils viendront si nous nous mobilisons tous», a-t-il assuré. «J'ai conscience que cette ligne que j'ai tracée, que le cap que j'ai montré, nous permettra d'avoir des résultats, j'espère avant 2017».

Comme lors du débat face à Nicolas Sarkozy en 2012 [Moi président...], le chef de l'Etat a usé de l'anaphore, cette technique d'éloquence basée sur la répétition, pour défendre son bilan. «Pas facile de supprimer la détaxation des heures supplémentaires», «pas facile d'aller demander des impôts supplémentaires», «pas facile de faire des réformes du marché du travail»...

Très à l’aise face aux journalistes, François Hollande n'a pas pu s'empêcher quelques traits d'esprit. «La presse est indépendante, nous le voyons tous les jours... en tout cas moi», déclenchant les rires de son auditoire. C'est d'une pirouette, aussi, qu'il a évacué une question sur le retour imminent de Nicolas Sarkozy. «Je ne vous vois pas [à la journaliste] à défaut de voir de qui vous parlez», a-t-il lâché, provoquant à nouveau les rires, puis ajoutant. «Il ne m'appartient pas comme président de la République de commenter les éventuelles déclarations de candidatures à la présidence d'un parti, et notamment d'un parti d'opposition.»