Cambadélis aurait usurpé une partie de ses diplômes, selon un journaliste de Médiapart

POLITIQUE «C'est du très grand n'importe quoi», a réagi le premier secrétaire du PS...

B.D. avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis le 5 septembre 2014 à Paris
Jean-Christophe Cambadélis le 5 septembre 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

 Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, aurait usurpé une partie de ses diplômes avant de présenter sa thèse, affirme le journaliste de Médiapart Laurent Mauduit dans un livre à paraître jeudi. «C'est du très grand n'importe quoi», a réagi auprès de l'AFP Jean-Christophe Cambadélis.

Selon ce livre, intitulé À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient (Éditions Don Quichotte), Jean-Christophe Cambadélis aurait obtenu son doctorat de troisième cycle de sociologie à Jussieu et soutenu sa thèse alors même qu'il n'avait pas les diplômes antérieurs requis. Médiapart en publie les bonnes feuilles ce mercredi.

«Ni licence, ni maîtrise, ni, a fortiori, DEA»

«En 1984, il n'a ni licence, ni maîtrise, ni, a fortiori, DEA», affirme le journaliste. Selon lui, Jean-Christophe Cambadélis parvient alors à faire fabriquer un «faux» dans une université parisienne et à s'inscrire à l'université de Paris VII-Jussieu, en disposant «d'un allié dans la place», Pierre Fougeyrollas, résistant communiste, sociologue et anthropologue venu enseigner à Jussieu. Celui-ci a rejoint «en 1974 l'OCI et s'est lié d'amitié avec Pierre Lambert», dirigeant de l'organisation trotskiste. Jean-Christophe Cambadélis a milité au sein de l'Organisation communiste internationale dans les années 1970.

Selon l'auteur, qui fut aussi militant à l'OCI et dirigeant de l'Unef au milieu des années 1970, contrairement à ce qu'affirmait la biographie de l'actuel patron du PS sur Wikipédia (jusqu'à ce mercredi, celle-ci ayant été modifiée ce jour), sa thèse n'a pas été soutenue en 1987 mais en 1985 et le sujet de sa thèse ne porte pas sur «les mouvement sociaux sous la Ve République» mais s'intitule «Bonapartisme et néocorporatisme sous la Ve République».

Laurent Mauduit ajoute qu'«en juin 1985, Cambadélis soutient sa thèse et obtient haut la main son doctorat». Le jury qui le lui accorde «présente cette singularité» de compter parmi ses membres Pierre Fougeyrollas mais aussi Gérard Namer, professeur de sociologie et universitaire socialiste avec lequel Cambadélis (...) a créé peu avant des sections Force ouvrière dans l'enseignement supérieur», soutient l'auteur, qui relève que sur son site Internet propre, Jean-Christophe Cambadélis ne fait aucune allusion à ce diplôme.