VIDEO. Vote de confiance: Malgré le discours à gauche, Manuel Valls n'obtient qu'une majorité relative

POLITIQUE Le Premier ministre obtient la majorité relative avec 269 votes pour, mais ne réussit pas à endiguer la fronde socialiste...

Thibaut Le Gal

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Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale à Paris, le 16 septembre 2014
Le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale à Paris, le 16 septembre 2014 — Eric Feferberg AFP

Manuel Valls voulait resserrer les rangs. Son discours de politique générale s’est en ce sens d'abord adressé à sa majorité, ce mardi. 

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«Le vote d'aujourd'hui n'est pas un vote banal. C'est un vote déterminant. Il engage chacun d'entre nous», a rappelé d’un ton grave, le Premier ministre. Combatif, le chef du gouvernement a insisté sur le «contexte international rempli de menaces», évoquant tour à tour l’Ukraine, Ebola, et l’Etat islamique. «Face à ces sujets, l’unité nationale s’impose […] Je ne doute pas qu’elle sera au rendez-vous».

Manuel Valls a alors entamé son numéro d’équilibriste: calmer la fronde, en se référant à des symboles chers à la gauche, sans changer de cap. «La politique du gouvernement est guidée par les valeurs de la République, des valeurs chères à la gauche -la Nation, le principe d'égalité et de justice- qui s'adressent à tous les Français», a-t-il clamé. «Je veux dire à la majorité que ce qui nous unit est bien plus fort que ce qui nous distingue. C'est une gauche moderne, qui a le courage de gouverner, le courage de réformer».

Un cap et des symboles

Première nécessité, l’investissement. «La principale faiblesse de notre économie, c’est la perte de compétitivité de nos entreprises». Evoquant le rapport Gallois, Manuel Valls a défendu le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et le pacte de responsabilité. Les récentes déclarations libérales du Medef (suppression de jours fériés, baisse du Smic…) arrivaient à point nommé pour replacer vers la gauche l’action du gouvernement.

«Personne, et je le dis clairement au patronat, ne doit prendre le risque d'affaiblir, par je ne sais quelle provocation, ou surenchère, l'indispensable dialogue social qui est la marque de ce quinquennat», a averti Valls, balayant la remise en cause des 35 heures ou celle sur la durée légale du travail. Trop libéral? Le Premier ministre a vanté la «main visible de l’Etat», indiquant ne pas vouloir casser le modèle social du pays.

Peu d'annonces, la fronde grandit

Autre tacle symbolique, celui adressé à son ministre du Travail, François Rebsamen. «Personne n'aspire à devenir chômeur, ni à le rester». Pas de déviation non plus sur la maîtrise des dépenses publiques et les 50 milliards d’euros d’économie en trois ans promis à l’Europe. Manuel Valls appelant seulement l’Allemagne à «assumer ses responsabilités» face à la morne croissance en zone Euro.

Derrière les mots, peu d’annonces. Un coup de pouce aux retraites de moins de 1.200 euros par mois. Le minimum vieillesse sera lui augmenté de 8 euros par mois (à 800 euros). Autre signal envoyé à gauche, la réduction d’impôts: «Six millions de ménages seront ainsi concernés par la baisse de l'impôt sur le revenu», d’ici à la fin 2015, a-t-il indiqué.

Ni «zigzag», ni «virage», ni «renoncement». L'exercice d'équilibriste a-t-il porté ses fruits? Pas vraiment. Avec 269 votes pour (53 abstentions et 244 contre), il obtient la majorité relative à l'Assemblée, mais perd 44 soutiens depuis avril dernier. Manuel Valls ne réussit pas non plus à endiguer la fronde socialiste (31 abstentions contre 11 au dernier vote).