Présidence de l’UMP: En campagne, Mariton veut faire entendre sa candidature «de conviction»

REPORTAGE Le député Hervé Mariton est l'un des deux candidats déclarés à la présidence de l'UMP...

Anne-Laëtitia Béraud

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Hervé Mariton en campagne le 16 septembre 2014.
Hervé Mariton en campagne le 16 septembre 2014. — A.-L. BERAUD / 20 MINUTES

Il est le premier à s’être déclaré candidat à la présidence de l’UMP, en juin 2014, mais il n'est pas le plus connu. Lui, Hervé Mariton, député de la Drôme et maire de Crest, élu libéral sur les questions économiques et conservateur sur les questions de société, héraut de la droite bataillant contre le mariage pour tous.

Face à l’autre candidat Bruno Le Maire, et alors que le retour imminent de Nicolas Sarkozy électrise la droite, Hervé Mariton poursuit coûte que coûte sa campagne. Pour faire entendre sa candidature «de conviction». Ce mardi soir, le voilà qui fait étape dans un café du très chic 16e arrondissement de Paris, acquis au retour de Nicolas Sarkozy. Une réunion parmi d’autres pour conquérir le cœur de la famille UMP jusqu’au vote des adhérents, le 29 novembre lors d’un grand congrès.

Pour le droit du sang et la suppression de l'ISF

Au menu de la rencontre du soir, où se presse une soixantaine de personnes, Hervé Mariton déroule en une trentaine de minutes son projet: «Conquérant sur l'économie, rassurant sur les questions de société.» Le candidat propose «et assume le mot rigueur, qui n'est pas l'austérité», la fin des 35 heures, la suppression de l'impôt sur la fortune, ou encore pour la création d'un Smic par branches. «Quant à l'école, je ne la sanctuarise pas. Ce n'est pas une question de moyens, mais une question de priorités», affirme-t-il. Sur l'immigration, Hervé Mariton se dit «favorable au droit du sang», plutôt qu'au droit actuel français qui est celui du sol. La proposition provoque des remous dans la salle. Il rappelle ensuite l'importance de l'alliance avec les Etats-Unis, pour lutter notamment «contre le danger islamiste au Moyen-Orient». Le candidat souligne enfin son engagement au côté du «beau mouvement de la Manif pour tous», et propose d'abroger la loi sur le mariage homosexuel en cas de retour de la droite en 2017.

Figure de l'UMP contre le mariage pour tous

Une bataille contre le mariage gay dont il est devenu l’une des égéries durant l’hiver 2013. Adepte des rappels au règlement, figure de l'UMP invectivant durant des heures au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le grand public découvre alors cet élu aux petites lunettes, droit dans ses gilets aux couleurs de l’arc-en-ciel, maniant autant les tirades de Shakespeare –dans le texte- que les envolées conservatrices. «La Manif pour tous est présente dans ma campagne, c'est d'ailleurs l'une des forces de ma campagne, mais elle ne la résume pas», précise Hervé Mariton à 20 Minutes. Quant à Nicolas Sarkozy, qui devrait dans les jours prochains se déclarer dans la course à la présidence, Hervé Mariton déplore le fait que l’ex-chef de l’Etat s'engage dans une élection qui ne lui convienne pas «car président de parti est un job à part entière». Une position qui ne convainc pas vraiment les soutiens sarkozystes, majoritaires ce soir. Quelques dames partiront avant la fin des questions-réponses.

Pour un projet de parti plutôt qu'un sauveur

«J'ai rencontré Nicolas Sarkozy et je lui ai dit que la présidence du parti, c'était une mauvaise idée. Je crains de ne pas l'avoir convaincu», glisse-t-il, provoquant des rires parmi la petite assemblée. Avant d'ajouter: «Mais si Nicolas Sarkozy est candidat, je reste candidat». Hervé Mariton cite alors l'«ambiguïté» de l'ancien Président, notamment sur l'union civile, puis souligne l'abstention de Bruno Le Maire lors du vote du projet de loi sur le mariage homosexuel. Des comparaisons, des différences, sur tel ou tel point, «pour dire les choses». En tant que président de parti, Hervé Mariton se verrait comme «le garant de la paix dans notre famille» préparant «un projet clair et authentique» pour la présidentielle. Car, en 2017, les Français ne voteront pas «pour des candidats qui enveloppent tout dans un grand feu d'artifice, qui promettent de tout changer, et qui ne changent finalement pas grand-chose». Avis aux candidats putatifs de cette élection...