VIDEO. Vote de confiance: A quoi va ressembler le discours de Manuel Valls?

POLITIQUE Le Premier ministre, qui s'exprimera à 15h devant les députés avant un vote en fin d'après-midi...

Thibaut Le Gal

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Le Premier Ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale en avril 2014.
Le Premier Ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale en avril 2014. — LCHAM/SIPA

C’est (encore) l’heure du grand oral. Manuel Valls sollicite ce mardi la confiance des députés pour la seconde fois en cinq mois. Un exercice pas obligatoire, pourtant, malgré la formation d’un nouveau gouvernement le 26 août. «C’est un argument d’autorité face à la situation de crise sociale, économique et politique», analyse Eddy Fougier, chercheur à l’Iris. «Valls a d’abord mis de l’ordre dans le gouvernement en coupant quelques têtes. Il y a maintenant une volonté de faire entendre une voix forte face aux dissonances des députés, et savoir si la représentation nationale le suit dans les orientations définies par le président de la République», ajoute le politologue.

Dans un climat tendu, le discours de politique générale s’apparente à une épreuve de force. «Il va redonner du sens à ce qui est fait par le gouvernement, il va refixer un agenda et parlera des valeurs qui rassemblent le pays», explique-t-on à Matignon ces derniers jours.

Pas d'inflexion dans les réformes

Pacte de responsabilité, marché du travail, réforme territoriale, logement… le gouvernement se tiendra droit dans ses bottes. «C’est assez paradoxal, Valls et Hollande sont impopulaires, mais les réformes, notamment économiques, sont perçues de manière positive dans la population. Le Premier ministre devrait mettre l’accent dessus, en disant certes il y  a une crise, mais le pays a la capacité de rebondir pour retrouver la croissance et l’emploi», ajoute le politologue.

Pas de remise en cause des 50 milliards d’économie, donc. Le locataire de Matignon devrait simplement détailler le «coup de pouce» promis par le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, pour compenser l'effet négatif de l'inflation sur les petites retraites. «On peut s’attendre à des mesurettes symboliques sur le pouvoir d’achat, mais avec les 4,4% de déficit public prévu pour 2014, le gouvernement n’a pas de marge de manœuvre pour de nouvelles réformes», prévient Eddy Fougier.

Dramatiser pour rassembler

Pas de main tendue, ni de signes de compromis ces derniers jours. L’oreille du Premier ministre semble davantage tournée vers la Commission européenne que vers les appels au changement des frondeurs. «Je vois bien le discours d’une partie de la gauche, mais je ne vois pas en quoi c’est une alternative crédible», indiquait Manuel Valls dimanche au JDD. «Le déficit dérape car la croissance est trop faible. Laisser filer le déficit par des dépenses publiques ou une relance par les salaires n’aurait pas de sens», affirmait-il.

Pour ramener au bercail les frondeurs égarés, le chef du gouvernement évoquera sans doute le sombre contexte international, dominé par la figure de l’Etat islamique, comme ce dimanche dans l’hebdomadaire. «Des centaines de Français, des milliers d’européens combattent en Syrie et en Irak. Nous sentons bien la tension, la menace, l’inquiétude pour notre société». Dramatiser pour mieux rassembler.

Autre levier, la menace Marine Le Pen, qui serait «aux portes du pouvoir». En privé, le chef du gouvernement ne doute pas d'obtenir la confiance. Malgré l'appel à l'«abstention collective» lancé par les frondeurs, il ne devrait manquer que 20 à 30 voix socialistes. Pas suffisant pour renverser le gouvernement.