L'idée d'une fusion entre l'UMP et l'UDI ne passe pas chez les centristes

POLITIQUE L'idée portée par Nicolas Sarkozy d'unir l'UMP au centre ne fait pas des adeptes à l'UDI, alors que les centristes sont en pleine campagne pour la présidence du parti…

Anne-Laëtitia Béraud
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Hervé Morin (à gauche) et Yves Jégo, deux des candidats à la présidence de l'UMP, le 14 juin 2014 à Paris.
Hervé Morin (à gauche) et Yves Jégo, deux des candidats à la présidence de l'UMP, le 14 juin 2014 à Paris. — WITT/SIPA

Si Nicolas Sarkozy revient dans la vie politique, ce sera pour «tout changer» à droite, indiquent ses proches à différents médias, dont Le Figaro et Le Parisien ce vendredi. L’ancien président aurait pour ambition de fusionner l’UMP à l’Union des Démocrates et Indépendants (UDI), à l’issue d’un congrès en 2015.

Une idée qui ne passe du tout à l’UDI ce vendredi, alors que la campagne pour la présidence du parti -pour succéder à Jean-Louis Borloo- bat son plein*. L’idée d'une annexion par l’UMP a le don d’énerver les quatre candidats centristes.

«La tentative d’OPA de la droite conservatrice sur le centre indépendant ne se réalisera pas», lance à 20 Minutes Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et président de l’UDI par intérim. «Ni fédération avec l’UMP, ni fusion, ni confusion», martèle le député, qui souligne que «d’autres candidats ne sont pas forcément sur cette ligne». Mais avec l’UMP, la porte n’est pas fermée ad vitam æternam. «Il peut y avoir plus tard des alliances électorales avec l’UMP, notamment en vue de 2017, mais nous devrons d’abord en discuter», conclut Yves Jégo.

Quant à Hervé Morin, la priorité est également l'indépendance. Il l’explique sur Twitter ce vendredi matin:


Cependant, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy n’est pas fermé à une alliance électorale avec «certaines personnes de l’UMP, comme François Fillon et Alain Juppé, ou encore François Bayrou [du Modem], car je souhaite que nous construisions une majorité d'idées», explique-t-il à 20 Minutes. Il pourrait envisager de sacrifier une candidature centriste à la présidentielle de mai 2017, si cela peut faire gagner à l'UDI un maximum de députés aux législatives de juin 2017. «Plutôt que les 5% ou les 10% du premier tour de l'élection présidentielle, notre intérêt est d'avoir 100 ou 150 parlementaires pour être en situation, à l'Assemblée nationale, de dire qu’un texte n'est pas bon (…)», soulignait samedi Hervé Morin dans son discours de rentrée politique. «Je veux que, sans nous, il ne puisse pas y avoir de majorité», précisait-il. 

Pour Jean-Christophe Lagarde, les stratégies élaborées à l'UMP ressemblent à «une danse du ventre», écrit-il ce vendredi sur Twitter.


Quant à l'idée d'alliance électorale avec l'UMP en vue de 2017, la réponse est non. Le député-maire de Drancy (Seine-Saint-Denis) explique à La Provence ce vendredi refuser que «le centre reprenne ses vieilles habitudes (...) d'une course permanente aux maroquins ministériels» sollicités auprès de l'UMP. «Notre objectif évident doit être d’avoir un candidat au deuxième tour de la présidentielle en 2017! Et cela, nous avons trois ans pour nous y consacrer», explique encore le candidat.

Une idée d'indépendance «totale» est également portée par Jean-Christophe Fromantin. A 20 Minutes, le député-maire de Neuilly (Hauts-de-Seine) explique souhaiter «être un leader, et non le suppléant de l'UMP.» L'élu, qui refuse toute alliance avec l'UMP en vue de 2017, ajoute que «les Français en ont assez des stratégies des appareils électoraux». «Yves Jégo vient du RPR, Hervé Morin a été ministre de Nicolas Sarkozy, ils sont dans cet esprit. Je pense qu'il faut rompre avec cela et porter nos idées au second tour d'une présidentielle», lance-t-il. Interrogé sur la probabilité qu'une candidature centriste à la présidentielle pourrait faire échouer l'UMP face au FN, Jean-Christophe Fromantin rétorque: «Cet argument, porté notamment par l'UMP, n'est qu'une justification d'appareil. Soyons courageux d'y aller seuls».

*Les adhérents de l’UDI sont appelés à élire leur nouveau président à partir du 8 octobre. Ils devront départager les quatre candidats Jean-Christophe Fromantin, Yves Jégo, Jean-Christophe Lagarde et Hervé Morin. Le nom du nouveau président de l’UDI sera dévoilé lors d'un congrès le 15 novembre.