Le candidat boursicoteur qui fait fructifier ses parrainages

C. F.

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Il court, il court, Nicolas Miguet: candidat pour la 2è fois à la présidentielle, le président du Rassemblement des contribuables français (RCF) se dit "raisonnablement optimiste" pour l'obtention des 500 parrainages requis grâce au "vivier" de maires constitué en 2002.
Il court, il court, Nicolas Miguet: candidat pour la 2è fois à la présidentielle, le président du Rassemblement des contribuables français (RCF) se dit "raisonnablement optimiste" pour l'obtention des 500 parrainages requis grâce au "vivier" de maires constitué en 2002. — Pierre Verdy AFP/Archives

Il se présente «comme la grande surprise du scrutin 2007». Pour l’instant, Nicolas Miguet, 43 ans, défraie surtout la chronique pour ses frasques judiciaires. Le président du Rassemblement des contribuables français (RCF) a été placé mardi en garde à vue pour suspicion de détournement de parrainages.

Enquête de l’AMF

Le candidat au look de monsieur tout-le-monde n’en est pas à son premier démêlé avec la justice. En 2003, il a fait l’objet d’une enquête de l’Autorité des marchés financiers pour avoir communiqué des informations inexactes sur le titre et sur le groupe Eurotunnel. L’actionnaire, blanchi depuis, est en effet connu pour avoir réussi à renverser la direction du groupe en convoquant une assemblée générale extraordinaire des actionnaires en avril 2004. Nicolas Miguet avait en réalité un peu «gonflé» la réalité, prétendant détenir 14,8% du capital au lieu des 7,99% qu’il possédait…

Un petit côté «Pinocchio» qu’il met aussi à l’œuvre en politique. En 2002, le candidat du RCF, un mouvement politique de petits actionnaires fondé en 1999 et qui revendique aujourd'hui 13.000 adhérents, avait affirmé avoir obtenu 508 signatures de maires. Le Conseil constitutionnel, lui, n'avait validé que 261 parrainages. «Une manipulation», s’était défendu à l'époque Nicolas Miguet.

Piles à combustibles

Trois ans auparavant, ce journaliste entré en politique en 1977 chez les Jeunes Giscardiens avait présenté une liste de 160 candidats aux élections européennes qui avait recueilli 1,77% des voix. L'ex-conseiller municipal de Verneuil-sur-Avre (Eure) avait récidivé aux régionales de 2004 et la liste RCF avait obtenu 3,25% des suffrages en Auvergne, dont plus de 5% dans l'Allier.

Son objectif : «Installer le RCF dans le paysage politique (...) et en faire un pourvoyeur d'idées et de talents pour tout nouveau gouvernement de droite». Pour cette présidentielle, Nicolas Miguet se voit au 1er tour, c’est sûr. «Candidat de la société civile», il pense être «mieux informé que les hommes politiques». Il veut moins d'impôts, propose de basculer une partie importante des charges sociales sur la TVA. Pour réduire la consommation d'énergie, il suggère d'équiper les habitations de piles à combustible…