VIDEO. UMP: Comment le parti compte économiser 2,7 millions d’euros

POLITIQUE L’UMP, en grave déficit, veut redresser ses finances en annonçant des économies drastiques…

Anne-Laëtitia Béraud
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David Cantinaux, Viken Kantarci AFPTV

Début de reprise en main sur les finances de l’UMP. Alors qu’un audit effectué début juillet 2014 sur les comptes de l’UMP révélait une dette de près de 75 millions d’euros, le parti s’est engagé à réduire drastiquement ses frais de fonctionnement.

Le bureau politique réuni mardi a annoncé dans la soirée les premières étapes de son vaste plan d’économie. Luc Chatel, secrétaire général par intérim, prévoit ainsi d’ici à 2015 «une économie en année pleine chiffrée à 2,7 millions d’euros». Celle-ci tient en la renégociation des contrats avec les prestataires du parti, le «non-remplacement automatique des départs naturels», et l’élaboration d’une nouvelle grille salariale pour les permanents. Des salaires qui semblent parfois exorbitants: l’information, début juillet, concernant les 8.500 euros bruts de salaires mensuels perçus par Geoffroy Didier pour son rôle de «collaborateur» de Brice Hortefeux, avait créé la polémique.

Non-remplacement automatique des départs 

Côté recettes, la menace d’«outing» des parlementaires UMP mauvais payeurs semble avoir fait effet. Alors que début août, à peine 20 % des parlementaires du parti étaient en règle avec leurs cotisations, ils seraient désormais 80 % à l’être, selon Luc Chatel. «261 parlementaires sur 337» seraient désormais à jour de cotisation. La «relance des parlementaires et des conseillers régionaux et généraux a permis de collecter 144.320 euros de régularisation et des autorisations de prélèvements nouvelles pour 90.720 euros en année pleine», précise un communiqué. Quant aux maires, ils devraient à nouveau être sollicités en septembre pour payer.

Pour Jean-Pierre Lecoq, maire UMP du 6e arrondissement de Paris et auteur durant l’été d’une lettre critique sur les finances de la fédération UMP de Paris, «le train des économies va dans le bon sens». «Certes, il reste certains mauvais payeurs chez les élus parisiens, et certains s’en sont même vantés, mais en général, ils sont plutôt réglos», avance-t-il. Quant à la relance des maires en septembre, Jean-Pierre Lecoq estime que les délais «très courts» imposés pour payer les cotisations en ont embrouillé certains.

Mieux utiliser l’argent dans les fédérations départementales

«Mais il n’y a pas mille façons pour échapper au redressement: d’un côté, des économies, de l’autre, de nouvelles recettes, produites notamment par la hausse des cotisations. Maintenant, je souhaite que les fédérations UMP qui recevront de l’argent des cotisations l’utilisent au mieux. A la fédération UMP de Paris [dirigée par les fillonistes], il y a encore des progrès à faire», juge Jean-Pierre Lecoq.

L’enregistrement de nouvelles adhésions (+51.502 adhérents par rapport au 30 juin 2013), pour un total de 175.103 adhérents UMP, aurait permis d’engranger 4,97 millions d’euros au 31 juillet 2014. Le parti envisage enfin de mettre en location l’un des étages du siège de l’UMP, rue de Vaugirard à Paris, pour engranger de nouvelles recettes.

«La situation de l’UMP est très préoccupante financièrement» mais «elle n’est pas en faillite. L’audit nous donne un chemin de crête pour nous permettre de sortir de cette situation», avait déclaré début juillet Luc Chatel au micro d’Europe 1.