Présidence de l’UMP: Bruno Le Maire, en campagne marathon

REPORTAGE Bruno Le Maire, candidat à la présidence de l’UMP, fait le tour de France avant le vote des adhérents UMP, le 29 novembre…

Anne-Laëtitia Béraud

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Une quinzaine d'élus UMP et UDI, conduits par Bruno Le Maire, proposent de limiter le cumul des mandats "dès 2014 et 2015" et de réduire le nombre de parlementaires, dans un appel à "une révolution démocratique" publié vendredi dans Le Figaro. 
Une quinzaine d'élus UMP et UDI, conduits par Bruno Le Maire, proposent de limiter le cumul des mandats "dès 2014 et 2015" et de réduire le nombre de parlementaires, dans un appel à "une révolution démocratique" publié vendredi dans Le Figaro.  — Patrick Kovarik AFP

Les noms de villes s’alignent sur son agenda, mais elles ne se ressemblent pas. Ce mardi soir, Bruno Le Maire fait étape à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. Le député de l’Eure, candidat à la présidence de l’UMP, y est invité par le député-maire Jacques Kossowski.

>> Lire l'interview d'un militant UMP soutenant Bruno Le Maire, mardi à Courbevoie

Depuis juin, date de sa déclaration de candidature à la tête de l’UMP, l’ancien ministre multiplie les visites de terrain, développe ses réseaux pour mailler une France UMP de ses soutiens. Il entreprend une opération séduction vis-à-vis des parlementaires, sans oublier l’écriture: l’homme publie jeudi une longue lettre* mêlant souvenirs personnels et projets pour redonner «espoir» et «enthousiasme» pour la France.

AL Béraud/20 Minutes

Incarner «le renouveau»

Sur les réseaux sociaux, ses équipes s’activent, les clichés se multiplient avec des militants de terrain, des politiques, et on le découvre en train

Petit moment détente avec @Bruno_LeMaire et @JeanROTTNER sur la promenade des anglais durant le @CampusNice2014 ! pic.twitter.com/5K0y5pRNYe

— Christian Estrosi (@cestrosi)

Petit moment détente avec @Bruno_LeMaire et @JeanROTTNER sur la promenade des anglais durant le @CampusNice2014 ! pic.twitter.com/5K0y5pRNYe

— Christian Estrosi (@cestrosi) Petit moment détente avec @Bruno_LeMaire et @JeanROTTNER sur la promenade des anglais durant le @CampusNice2014 ! pic.twitter.com/5K0y5pRNYe— Christian Estrosi (@cestrosi) September 7, 2014 ">7 Septembre 2014 ">de faire un jogging à Nice le 7 septembre. Clin d’œil peut-être pour cet ancien directeur du cabinet de Dominique de Villepin à Matignon (2005-2007): un Premier ministre, qui, courant sur la plage de La Baule en 2005, narguait alors un Nicolas Sarkozy fumasse.

 

Près de dix ans plus tard, après avoir été secrétaire d’Etat, ministre, élu député, voilà Bruno Le Maire officiellement en concurrence avec Hervé Mariton pour la présidence de l’UMP. Après l’ère Jean-François Copé, son slogan est le «renouveau», son choix la «transparence». Dans la salle de congrès flambant neuve de Courbevoie, en veste de costume sans cravate, Bruno Le Maire explique ses «convictions» devant 200 personnes. Lui, l'«enseignant» devenu «diplomate», et non un technocrate bien né et bardé de diplômes. Il professe sa foi en l’Europe et rentre dans le lard des adversaires, François Hollande en tête. Visiblement à l’aise, il ironise, manie le verbe et rit de lui, car «ce n’était pas gagné, avec ma tête, d’être nommé ministre de l’Agriculture».

«Acquis» que Nicolas Sarkozy soit candidat

Au menu de ses «convictions» figurent la «transparence» de l’UMP, la mise en avant des femmes du parti, le chantier de l’Education ou encore la liberté d’entreprendre, avec la création «d’un Code du travail de 150 pages clair et simple».

AL Béraud/20 Minutes
 

Sur la route de Bruno Le Maire, reste encore «l’hypothèse» Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP. L’ancien chef d’Etat doit se déclarer avant le 30 septembre, date de clôture des candidatures. Outre les soutiens de ses anciens ministres, tel Jean-François Copé mardi, les sondages prédisent une victoire à plate couture de celui qui avait conquis l’UMP en 2004 à plus de 85 %.

Dans la salle, l’ancien Président a ses soutiens. Et quand Bruno Le Maire leur répond, il prend des pincettes. Non, il ne croit pas à «l’homme providentiel», à «un sauveur» «descendant du ciel avec un gigantesque hélicoptère blanc». Mais Bruno Le Maire n’attaque pas frontalement celui qui l’a fait ministre. Il demande «de ne pas se tromper d’élection» et «de trancher» «pour celui qui fera le job de président de parti, 7 jours sur 7». Pour celui qui organisera «une primaire ouverte en 2016 avec l’UMP, l’UDI et pourquoi pas Denis Payre (de «Nous citoyens»)».

AL Béraud/20 Minutes
 

En attendant un signe de la rue de Miromesnil, où sont situés les bureaux de Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire continue son chemin, se comparant à un «paysan qui trace son sillon». Il fera étape sur les quais de Paris mercredi soir. A l’invitation, notamment, de Delphine Bürkli, jeune pousse de l’UMP, qui a gagné sur le fil la mairie du 9e arrondissement de Paris aux municipales de mars 2014.

 *A nos enfants éd. Gallimard