VIDEOS. Rentrée parlementaire: Le gouvernement secoué par l'affaire Thévenoud, les frondeurs, et Cécile Duflot

PS C'est une nouvelle semaine très difficle qui se profile pour l'exécutif déjà bousculé par une rentrée accablante: sombres indices socio-économiques, sondages de plomb et polémiques nées du livre de Valérie Trierweiler...

M.B. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Matignon, le 29 août 2014 à Paris
Le Premier ministre Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Matignon, le 29 août 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

Avis de tempête. La session extraordinaire du Parlement s'est ouverte mardi, dominée par les remous de l'affaire Thévenoud, et la probable «abstention collective» des frondeurs PS lors du vote de confiance au gouvernement le 16 septembre.

Si les députés ont ouvert officiellement cette session extraordinaire de deux semaines par la réforme de la dépendance, centrée sur le maintien à domicile des personnes âgées, c'est l'annonce lundi soir par Thomas Thévenoud - débarqué du gouvernement au bout de neuf jours pour avoir omis de payer ses impôts - qu'il restait député, même s'il quitte le groupe PS, qui a focalisé les débats.

>> Affaire Thévenoud: Les critiques s'abattent après sa décision de rester député

Thomas Thévenoud se fait discret

Nouvelle épreuve pour un exécutif déjà bousculé par une rentrée accablante: sombres indices socio-économiques, sondages de plomb et polémiques nées du livre de Valérie Trierweiler. Nombre de députés PS préfèreraient ne pas revoir leur collègue dans l'hémicycle, même au sein des non-inscrits. Thomas Thévenoud était d'ailleurs absent mardi.

«Je ne sais pas comment il peut revenir ! Il aurait été mieux pour tous les élus qui payent leurs impôts qu'il démissionne», déplorait Annick Lepetit, porte-parole du groupe PS. «Je ne suis pas certain qu'il ait totalement mesuré l'impact de son comportement», regrettait Christophe Caresche, député de Paris. «Nous aurions tous souhaité qu'il démissionne de son mandat de député», a résumé le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Pas de mansuétude non plus dans les autres partis. Le patron des députés UMP Christian Jacob a demandé une enquête fiscale pour savoir s'il y a eu fraude de la part de Thomas Thévenoud. Pratiquement dans les mêmes termes, l'UDI Philippe Vigier et le communiste André Chassaigne en appelaient chacun au «devoir d'exemplarité» des élus. La présidente du FN Marine Le Pen a accusé le gouvernement d'avoir «un accord» avec Thomas Thévenoud pour qu'il ne démissionne pas et «avoir la majorité».


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De fait, après le départ de Thévenoud, le groupe socialiste ne compte plus que 289 des 577 députés: exactement la barre de la majorité absolue. D'où «l'appel à la responsabilité» à nouveau martelé devant les députés PS mardi matin par Manuel Valls.

«Sommes-nous capables de gouverner ?»

«François Hollande est le deuxième président socialiste de la Ve République. Voilà ce qui se joue ! (...) La question n'est plus : la gauche peut-elle gouverner dans la durée, mais sommes-nous capables de gouverner ?». Maintenant son postulat selon lequel il n'y a pas d'alternative à gauche, mais seulement à droite ou à l'extrême droite, Manuel Valls a lancé à l'adresse des frondeurs: «On peut discuter des heures sur la politique économique ou la loi Duflot, mais est-ce ça qui fonde des différences entre nous et amène à ne pas donner la confiance à un gouvernement socialiste ?»

Peine perdue, les frondeurs, ce groupe de 30 à 40 députés qui contestent la ligne économique du gouvernement, ont annoncé s'orienter «vers une abstention collective», selon un de leurs chefs de file Christian Paul. «Il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique» actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry, souvent accusée d'être derrière les frondeurs.

Certains frondeurs ont cependant laissé la porte ouverte. «Il y a des demandes de compromis, il faut discuter. On est conscients de nos responsabilités. On a une semaine, on peut avoir des clarifications», a dit Arnaud Leroy, un proche d'Arnaud Montebourg. Comme seuls sont pris en compte les suffrages exprimés, et non les abstentions, le coup de semonce des frondeurs ne devrait pas entraîner la censure du gouvernement lors du vote de confiance le 16 septembre, d'autant que Manuel Valls pourra compter sur le soutien, réaffirmé mardi, des 17 députés radicaux de gauche.

Le gouvernement ne pourra pas compter sur la voix de Cécile Duflot, députée EELV de Paris, qui a déclaré sur RTL que «les conditions ne sont pas remplies» pour voter la confiance. Une décision qui n'engage pas l'ensemble des élus de son parti. Les écologistes ne choisiront entre le vote pour, l'abstention ou le vote contre la confiance au gouvernement Valls II que mardi prochain, jour du débat à l'Assemblée, a annoncé dans l'après-midi sa coprésidente Barbara Pompili.


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