Un parrainage aux enchères : <br>«Je mets ma conscience de côté»

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Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a envisagé mercredi à Laon (Aisne) la possibilité d'un changement de règle pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, évoquant notamment l'idée d'un parrainage citoyen
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, a envisagé mercredi à Laon (Aisne) la possibilité d'un changement de règle pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, évoquant notamment l'idée d'un parrainage citoyen — Mychelle Daniau AFP
Les parrainages de candidats bientôt vendus chez Sotheby’s ? Le maire d'une commune normande de 300 habitants a décidé mardi d'offrir son parrainage au plus offrant, se disant harcelé par les petits candidats à l'élection présidentielle qui peinent à recueillir les 500 signatures nécessaires. «J'ai été sollicité par une bonne dizaine de petits candidats, de Besancenot à Le Pen», a indiqué à 20minutes.fr, André Garrec, maire divers-droite de Noron-la-Poterie (Calvados).

«Dans leurs courriers, les candidats rappellent qu’un parrainage ne signifie pas un engagement politique, j'accepterai donc le chèque du plus offrant» qui servira à financer les trois associations culturelles et sportive et l'école maternelle du village, a précisé M. Garrec, qui a fait connaître son initiative par le biais du journal local «La Renaissance du Bessin».

Le maire, «dégoûté de la politique» et qui avait parrainé il y a cinq ans Jacques Cheminade, souligne qu'il accepterait «le chèque de n'importe quel candidat» d'ici au 16 mars, date limite de dépôt des parrainages. «Je mets ma conscience de côté parce que ça fera du bien aux associations», lâche-t-il. Mais André Garrec ne souhaite pas être imité par d’autres maires : «C’est mon idée». Et reconnaît que l’initiative vise également un autre objectif : celui de «tourner en dérision le système» et «faire parler de la commune».

Les adjoints solidaires du maire

Son projet est soutenu par les adjoints au maire, contactés par 20minutes.fr. «Il a raison, lance ainsi Guy Richet, deuxième adjoint de sensibilité socialiste. «Les candidats nous font tellement chier et nous harcèlent avec des courriers. Visiblement, ils ont plein de pognon à gâcher. Nous, on veut bien en recevoir un petit peu !».

Cette idée n’est-elle pas contraire à une certaine éthique ? «Si, répond Julien Daniel, premier adjoint. Mais il y a des magouilles partout dans le système politique. Là, pour une fois, la magouille vient d’en bas». «On est peut-être pas des intellectuels de haut niveau mais on comprend le système», s’énerve l’élu «de gauche». «Et puis, les petits candidats donnent déjà de l’argent pour obtenir les parrainages. C’est caché mais c’est connu. Autant que ça profite à la commune». Un parrainage en faveur de Jean-Marie Le Pen ne le dérangerait-il pas ? «Non, il est riche».

Alexandre Sulzer