Vote de confiance: Les «frondeurs» du PS s'orientent vers une «abstention collective»

POLITIQUE Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a appelé mardi à «la responsabilité politique»...

B. de V. avec AFP

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Le député socialiste Christian Paul à l'Assemblée nationale à Paris le 4 février 2014
Le député socialiste Christian Paul à l'Assemblée nationale à Paris le 4 février 2014 — Jacques Demarthon AFP

Les députés socialistes «frondeurs» s'orientent «vers une abstention collective» lors du vote de confiance au gouvernement Valls II la semaine prochaine, a annoncé mardi l'un d'entre eux à la presse, Christian Paul.

«Nous nous orientons vers une abstention collective et nous pensons qu'il n'est pas possible d'imposer au groupe socialiste une unanimité de façade en raison de l'impasse économique et politique» actuelle, a déclaré cet élu proche de Martine Aubry au côté d'autres animateurs des «frondeurs», Laurent Baumel et Pouria Amirshahi, avant la réunion du groupe socialiste de l'Assemblée.

Cambadélis appelle à la responsabilité politique

Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, a appelé mardi à «la responsabilité politique» les députés socialistes frondeurs.

«J'appelle tout le monde à la responsabilité politique» dans «un moment difficile du point de vue politique, avec le retour de Monsieur Sarkozy qui va être sur une ligne d'une rare violence sur le plan économique et le Front national qui rôde à deux pas du pouvoir» a ainsi déclaré Cambadélis avant la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, et à laquelle assiste aussi le Premier ministre.

Au cours de celle-ci, Manuel Valls a martelé son message de fermeté et de responsabilité notamment face au danger de l'extrême droite, réaffirmant qu'il n'y avait pas d'alternative à gauche à la politique menée par le gouvernement. Le Premier ministre a affirmé aux députés que les Français attendaient la majorité sur sa capacité à gouverner, selon des participants. Il a aussi insisté sur la nécessaire confiance à son nouveau gouvernement pour aller de l'avant au moment où se joue la réorientation de l'Europe et sur la responsabilité collective ainsi que sur la cohérence.

Maintenant son postulat selon lequel il n'y a pas d'alternative à gauche, mais seulement à droite ou à l'extrême droite, Manuel Valls a lancé à l'adresse des frondeurs: «On peut discuter des heures sur la politique économique ou la loi Duflot, mais est-ce ça qui fonde des différences entre nous et amène à ne pas donner la confiance à un gouvernement socialiste ?»