VIDEO. Affaire Thévenoud: Le critiques s'abattent après sa décision de rester député

POLITIQUE Un déluge de critiques a déferlé ce mardi, après sa décision lundi soir de quitter le Parti socialiste, mais de ne pas démissionner de son mandat de député...

Delphine Bancaud

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Junior minister for External Trade Thomas Thevenoud arrives on August 27, 2014 at the Elysee presidential palace in Paris for a weekly cabinet meeting. French President Francois Hollande on August 27 installed a former banker and ally as economy minister in an emergency reshuffle seen as the "last chance" to haul France out of the biggest crisis of his presidency. Hollande caught everyone off guard with the appointment of Emmanuel Macron, a 36-year-old ex-Rothschild banker and architect of the president's economic policy.   AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
Junior minister for External Trade Thomas Thevenoud arrives on August 27, 2014 at the Elysee presidential palace in Paris for a weekly cabinet meeting. French President Francois Hollande on August 27 installed a former banker and ally as economy minister in an emergency reshuffle seen as the "last chance" to haul France out of the biggest crisis of his presidency. Hollande caught everyone off guard with the appointment of Emmanuel Macron, a 36-year-old ex-Rothschild banker and architect of the president's economic policy. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP

Le cas Thévenoud suscite des remous. Les réactions ne cessent de tomber après sa décision prise lundi de quitter le PS mais de rester député de Saône-et-Loire pour ne pas fragiliser davantage la majorité en raison de ses déboires fiscaux.

Le député PS de l’Aisne et spécialiste des finances publiques René Dosière n’y est pas allé de main morte avec Thomas Thévenoud. «A une faute morale, il apporte une réponse politicienne. Je ne suis pas sûr que l’opinion publique apprécie beaucoup. Je ne suis pas sûr que lui-même et le PS en sortent grandis. Il en va de la politique comme des partis: il est quelquefois préférable de perdre une élection plutôt que de perdre son âme», a-t-il commenté mardi sur France Inter.

L’écologiste Cécile Duflot n’a pas été plus tendre sur RTL «C’est invraisemblable. Il s’était fait un héros de la fraude fiscale (…) Comment a-t-il pu accepter d’être secrétaire d’Etat? Je voudrais comprendre», a déclaré l’ancienne ministre du Logement. «Mais je ne suis ni dans l’accablement, ni dans la chasse à l’homme», a-t-elle précisé.

Suivant la même logique, le député écologiste de Gironde Noël Mamère a aussi condamné sur France Inter la décision de Thomas Thevenoud de rester député: «La crise morale passe par Thévenoud et se renforce quand on le voit revenir à l’Assemblée». «Ca contribue à saper la confiance des Français dans la politique».

Un pacte avec le gouvernement selon Marine Le Pen

Marine Le Pen, présidente du Front national, a estimé mardi sur LCI et Radio Classique que le gouvernement avait passé un «accord» avec Thomas Thévenoud. «Très clairement, ils ont besoin de Thévenoud pour avoir la majorité. Par conséquent, ils sont prêts à fermer les yeux. Pour l’apparence: «tu pars du PS mais tu votes la confiance»», a-t-elle assuré. Enfonçant le clou, le vice-président du Front national Florian Philippot a déploré mardi sur BFMTV-RMC un comportement «moralement condamnable». «Il aurait dû bien sûr quitter son poste à l’Assemblée, par respect pour lui-même et pour la fonction parlementaire», a-t-il ajouté.

«Monsieur Thévenoud n’a pas sa place à l’Assemblée nationale, c’est tout», a renchéri sur iTélé le député UMP de Haute-Loire, Laurent Wauquiez. «Ca nourrit le + tous pourris +», avec des «conséquences ravageuses pour la gauche et la droite», a déclaré aussi l’UMP Benoist Apparu.

Le député Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout La République, a quant à lui insisté sur le «décalage flagrant entre certaines élites qui se croient au-dessus des lois et l’écrasante majorité de la population qui doit accepter des sacrifices toujours plus grands».

Dans ce concert de critiques, seule une voix chantait un air différent: celle du député PS du Nord, Bernard Roman: «Etre coupable de négligence, ça ne doit pas conduire au bûcher (…) La curée est excessive. Thomas Thévenoud a déjà payé cette négligence en quittant le gouvernement. Ce n’est pas un voyou, un tricheur, un fraudeur», a-t-il tempéré sur France Inter.