Barrage du Tarn: De nouvelles échauffourées sur le chantier controversé

ENVIRONNEMENT Une cinquantaine de personnes ont bloqué l’accès au chantier ce lundi. Le barrage-réservoir doit être construit sur la «zone humide» du Testet que les opposants au chantier veulent préserver…

20 Minutes avec AFP

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Cinq opposants s'étaient enterrés à mi-buste sur un chemin d'accès au chantier afin d'empêcher l'entrée d'engins de défrichement.
Cinq opposants s'étaient enterrés à mi-buste sur un chemin d'accès au chantier afin d'empêcher l'entrée d'engins de défrichement. — ERIC CABANIS / AFP

Des échauffourées entre opposants et forces de l’ordre ont fait lundi un blessé léger sur le chantier du barrage controversé de Sivens (Tarn), tandis que le Conseil général réaffirmait le bien-fondé du projet, malgré les doutes émis par Ségolène Royal.

Des opposants délogés à l’aide de gaz lacrymogènes

Vers 16h, les gendarmes ont délogé à l’aide de gaz lacrymogènes des opposants, dont cinq s’étaient enterrés à mi-buste sur un chemin d’accès au chantier afin d’empêcher l’entrée d’engins de défrichement.

Parmi les opposants «enterrés», une jeune femme s’est évanouie lors de l’action des forces de l’ordre, «mais elle s’est réveillée juste après et n’a qu’une cheville foulée», a déclaré un responsable de la gendarmerie sur place. Cet officier a assuré que seuls des gaz lacrymogènes avaient été employés sur le site, à Lisle-sur-Tarn, près de Gaillac. «Ils nous ont attaqués à coups de flash-balls», a cependant affirmé par téléphone Camille Kaze, une occupante, confirmant que la jeune femme inconsciente s’était réveillée peu après. Vers 17h, des engins de défrichement ont pu pénétrer sur le site, a-t-elle ajouté.

Le déboisement de la zone du barrage de Sivens, dont la construction entraînerait la disparition d’un réservoir de biodiversité de 13 hectares, donne lieu à des heurts sporadiques depuis début septembre entre forces de l’ordre et opposants.

Le barrage-réservoir d’1,5 million de m3 d’eau stockée doit être construit sur la «zone humide» du Testet. Ce projet public vise à soutenir l’étiage du Tescou, un petit affluent du Tarn, et à sécuriser l’approvisionnement en eau des fermes voisines.

«Le programme respecte la réglementation» assure le Conseil général

Lundi, le président PS du Conseil général, Thierry Carcenac, a réaffirmé que ce programme respectait la réglementation, répondant à une déclaration de Ségolène Royal. La ministre de l’Ecologie avait «demandé à ce que le Conseil général du Tarn vérifie que les conditions que le ministère met sur les retenues de substitution soient remplies».

«Les instructions du ministère sont d’encourager les retenues de substitution à condition de ne pas encourager l’agriculture intensive», avait-elle rappelé dimanche. Mais à Albi, Thierry Carcenac (PS) a opposé une fin de non recevoir à tout moratoire, assurant «que ce projet répond pleinement aux objectifs évoqués par Ségolène Royal». Cette dernière annonce ce lundi la création d'une mission d'expertise sur ce projet controversé, «pour favoriser le dialogue et vérifier les garanties d'une gestion durable de la ressource en eau».

Le chantier transformé en camp retranché

Une cinquantaine d’opposants déterminés avaient transformé lundi matin les alentours du site en camp retranché. Ils s’étaient postés à des endroits stratégiques afin de bloquer toute entrée au chantier très vaste, avec force barricades, faites de branches, de tôles ondulées et de tout ce qui a pu être trouvé sur place.

Lançant un «appel au calme», le président du Conseil général s’est déclaré «prêt à la discussion sur les mesures compensatoires et sur l’utilisation de l’eau» mais a demandé «un débat dans un lieu neutre, sans pression».

Le porte-parole des opposants au barrage, Ben Lefetey, a dénoncé une attitude qui consiste, selon lui, à lancer un «début de dialogue» tout en «continuant un passage en force sur le terrain» où des bûcherons avaient débuté le déboisement le 1er septembre. Dimanche, plus d’un millier d’opposants avaient participé à un pique-nique citoyen, soit la plus importante mobilisation à ce jour.