Assemblée nationale: Une majorité ébranlée fait sa rentrée

POLITIQUE Après une quinzaine d'une crise inédite, le groupe socialiste, où se sont épanouis les frondeurs, fait sa rentrée ce mardi...

Maud Pierron
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Les députés PS ne déposeront finalement pas d'amendement pour inclure la procréation médicalement assistée (PMA) dans le projet de loi sur le mariage homosexuel, cette question devant être intégrée au futur projet de loi sur la famille, ont indiqué plusieurs d'entre eux mercredi.
Les députés PS ne déposeront finalement pas d'amendement pour inclure la procréation médicalement assistée (PMA) dans le projet de loi sur le mariage homosexuel, cette question devant être intégrée au futur projet de loi sur la famille, ont indiqué plusieurs d'entre eux mercredi. —

N’en jetez plus, la coupe est pleine. Les députés socialistes font leur rentrée à l’Assemblée ce mardi pour une nouvelle session extraordinaire et déjà ils sont exténués. «Ce qui est extraordinaire, c’est ce qui nous est tombé dessus en quinze jours: le remaniement surprise, Valls et le Medef, les bourdes de Macron ou Rebsamen… Et puis le coup de grâce, le bouquin poubelle de Trierweiler, la démission de Thévenoud qui ne paie pas ses impôts et les sondages catastrophiques records», liste un député qui craint déjà les réactions des Français sur le terrain.

Des bleus à l’âme

Plus sobrement, Olivier Faure, porte-parole PS et vice-président du groupe PS, évoque une majorité qui «a des bleus à l’âme» et «le sentiment de jouer gros sur la rentrée». Il y a le vote de confiance à Manuel Valls, le vote sur le budget,, surtout, qui cristallise les tensions avec les frondeurs socialistes qui souhaitent infléchir la ligne du gouvernement. «Il faudrait éviter de rejouer chaque semaine des psychodrames sur des débats qui bien souvent sont de faux débats», s’agace-t-il. «La majorité des députés veut en finir avec le désordre interne, nous montrer dans l’action et faire valoir ce que nous réussissons, comme la rentrée scolaire qui s’est très bien passée grâce aux réformes de fond. Trop souvent, le travail accompli depuis deux ans est masqué par des polémiques stériles».

Faire redescendre la température de la pétaudière

Ce lundi, Manuel Valls a encore déclenché la colère de certains socialistes en appelant, dimanche en Italie, à faire bloc derrière son gouvernement alors que le «FN est aux portes du pouvoir». «C’est un chantage stupide et imbécile. Si le FN monte c’est parce qu’on mène une politique qui le favorise», tacle Pouria Amirshahi, l’un des députés frondeurs, voyant le Premier ministre comme un «pompier pyromane».

Mais paradoxalement, le PS est arrivé à un tel point d’incandescence que certaines «grandes gueules» ressentent un besoin de faire redescendre la température. «Dans ce contexte "d’affaires imprévues", tout le monde doit faire preuve de maîtrise, assure le député Laurent Baumel, l’un des animateurs des frondeurs. On ne va pas mettre de l’huile sur le feu. L’essentiel, c’est la politique menée que nous voulons infléchir». Certains responsables de la majorité aimeraient aussi laisser un peu de cette lumière médiatique crue à une UMP «sans leader, sans stratégie et sans programme», comme l’expliquait Claude Bartolone à La Rochelle. «Nous camouflons leur faiblesse», regrettait-il, jugeant que les débats qui traversent actuellement le PS ne sont que de «la roupie de sansonnet» par rapport à d’autres époques.