VIDEO. Najat Vallaud-Belkacem, punching-ball d’une partie de la droite et de l’extrême droite

POLITIQUE Une floppée de tweets sarcastiques et de fausses rumeurs ont suivi sa nomination au ministère de l'Education nationale...

Delphine Bancaud
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Najat Vallaud-Belkacem à Clichy-sous-Bois le 2 septembre 2014.
Najat Vallaud-Belkacem à Clichy-sous-Bois le 2 septembre 2014. — Etienne Laurent/AP/SIPA

Ils avaient déjà manifesté leur ire lors de sa nomination rue de Grenelle, mais les détracteurs de Najat Valaud-Belkacem ne semblent pas prêts à rendre les armes. Fausses rumeurs, attaques directes, tweets assassins… 20 Minutes décrypte les ferments de cette haine.

Sa nomination agace les misogynes

Najat Valaud-Belkacem est la première femme ministre de l’éducation. Une nomination qui lui a valu des réflexions sexistes. «Quels atouts Najat Vallaud-Belkacem a utilisés pour convaincre Hollande de la nommer à un grand ministère?», a lancé la semaine dernière le conseiller municipal UMP de Neuilly-sur-Seine, Franck Keller, accompagnant son tweet d’une photo de la ministre en robe courte. Il a depuis retiré son message.


«Ayatollah», fausse identité, Belkacem au cœur… par 20 Minutes

Elle est devenue le bouc émissaire des familles traditionnalistes

Fervente défenseure des ABCD de l’égalité (une expérimentation visant à lutter contre les stéréotypes filles-garçons), la ministre a été accusée pendant des mois par La Manif pour tous, l’extrême droite et une partie de la droite de véhiculer une pseudo «théorie du genre». Hervé Mariton, Laurent Wauquiez, Nadine Morano, Thierry Mariani ont tour à tour dénoncé sa nomination, jugée comme une «provocation». Bon nombre de ses détracteurs lui reprochent aussi d’avoir soutenu ouvertement le mariage homosexuel.

Elle est la cible privilégiée des groupuscules racistes

Le ministère de l’Education nationale a annoncé c e lundi qu’il portait plainte pour usurpation, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une fausse circulaire, présentée comme issue de ses services, invitant les maires à mettre en place des cours d’arabe comme activité périscolaire. Diffusé depuis samedi notamment sur Twitter, le document, porte la signature scannée de la ministre Najat Vallaud-Belkacem.

Deux jours après sa nomination, une fausse carte d’identité lui attribuant le nom de Claudine Dupont, circulait sur les réseaux sociaux. Laissant croire que Najat Vallaud-Belkacem avait échangé son vrai nom pour celui de Najat Vallaud-Belkacem afin de faciliter sa promotion.

Des fausses rumeurs qui s’ajoutent aux attaques directement racistes dont la ministre est l’objet. L’hebdomadaire conservateur Valeurs actuelles titrait la semaine dernière en couverture «L’ayatollah. Enquête sur la ministre de la Rééducation nationale», et le journal d’extrême droite Minute a fustigé la nomination d’une «Marocaine musulmane à l’Education», vue comme une «provocation».

Le PS a demandé une sanction «juridique» contre cette «incitation à la haine», tandis que la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) s’est dite «horrifiée» par cette couverture qui sous-entend qu'«il faudrait, pour accéder aux responsabilités, être homme, blanc et chrétien».