Thomas Thévenoud peut-il revenir à l'Assemblée nationale?

POLITIQUE Le premier secrétaire du PS l'a convoqué mardi ou mercredi pour évoquer son sort alors que son cas suscite la colère de ses camarades...

Maud Pierron
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Le député Thomas Thévenoud, fâché avec McDonald's et devenu la bête noire des restaurateurs dont il veut remonter le taux de TVA, a reçu mercredi le soutien appuyé de ses confrères socialistes et du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.
Le député Thomas Thévenoud, fâché avec McDonald's et devenu la bête noire des restaurateurs dont il veut remonter le taux de TVA, a reçu mercredi le soutien appuyé de ses confrères socialistes et du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. — Thomas Samson afp.com

La pression s’accentue encore un peu plus sur Thomas Thévenoud, pour qu’il renonce à son mandat de député PS de Saône-et-Loire. Démissionné jeudi dernier en catastrophe du gouvernement Valls II en raison d’un défaut de paiements et de déclarations d’impôt, l’éphémère secrétaire d’Etat a indiqué qu’il ne songeait pas à quitter son siège, qu’il peut théoriquement retrouver dès mardi.

«A un moment, si la pression est trop forte, il n’aura pas le choix»

Mais ce lundi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a annoncé avoir convoqué ce proche d’Arnaud Montebourg «pour tirer les conséquences en tant que député socialiste des révélations sur ses déclarations fiscales». L’entrevue doit avoir lieu mardi ou mercredi, ajoute le communiqué sans donner plus de précisions sur la teneur du rendez-vous. «Si Jean-Christophe Cambadélis le convoque, ce n’est pas simplement pour lui faire la leçon et dire merci et au revoir, indique-t-on à Solférino. Toutefois, le premier secrétaire ne décide pas seul de la sanction».

Car en tant que député encarté au PS, c’est d’abord au PS que doit se régler le cas Thévenoud, explique-t-on de source parlementaire, et non au sein du groupe PS à l’Assemblée. «Si sanction il y a, elle est prise au PS. Une exclusion du PS entraînerait par exemple une exclusion de fait du groupe socialiste à l’Assemblée», explique-t-on de même source tout en rappelant que seul Thomas Thévenoud peut décider de démissionner, rien ne pouvant l’y contraindre. 

Lors de leur tête à tête,  Jean-Christophe Camabadélis devrait redire à Thomas Thévenoud qu'il ne peut pas rester député après ce qu'il a fait. Et si vraiment le député de 40 ans refuse, alors son exclusion pourrait être voté la semaine prochaine lors d'un bureau national du PS, où sera avalisé la sanction. «A un moment, si la pression est trop forte, il n’aura pas le choix de démissioner», veut-on pourtant croire à l’Assemblée. Ce lundi, Claude Bartolone a encore appelé l'élu à démissionner: «il saura prendre une décision qui à la fois le protège lui mais nous protège collectivement, et au-delà même de la gauche, tous les responsables politiques, parce qu'on voit le traumatisme qu'a créé cette affaire dans l'opinion publique».

La majorité ne tient qu’à 1 siège

En déplacement, Bruno Le Roux, le chef du groupe PS à l’Assemble nationale, suit l’affaire de près en liaison avec Jean-Christophe Cambadélis. L’affaire Thévenoud a en effet ébranlé un peu plus une majorité socialiste déjà fragilisée par une rentrée politique chaotique sur tous les plans. Son cas sera évoqué lors de la réunion du groupe PS, mardi matin… jour où Thomas Thévenoud pourrait faire sa rentrée au milieu de collègues en colère. «C’est à lui de comprendre que ce qu’il a fait porte préjudice à toute la classe politique, d’autant qu’il y a une grave crise morale en France», attaque un député socialiste, qui «n’y a pas cru» lorsqu’il a appris la nouvelle jeudi dernier. «Quelle que soit sa défense, sa désinvolture, le mal est fait. Il doit y avoir une sanction», assure l'élu.

L’affaire est toutefois sensible pour un gouvernement qui n’a la majorité absolue à l’Assemblée (290)… qu’à un siège près. Pas sûr qu’une démission pure et simple de l’Assemblée fasse le jeu du PS qui perd les unes après les autres les législatives partielles. L’affaire pourrait être réglée avec une exclusion de Thomas Thévenoud du PS et donc du groupe PS, et qui pourrait alors siéger avec, par exemple, les radicaux de gauche, qui soutiennent le gouvernement.