Thomas Thévenoud: «Je ne suis pas un fraudeur, je suis un contribuable négligent»

POLITIQUE L'ancien secrétaire d'Etat s'est expliqué sur ses problèmes d'impôts...

Thibaut Le Gal
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Le député Thomas Thévenoud, fâché avec McDonald's et devenu la bête noire des restaurateurs dont il veut remonter le taux de TVA, a reçu mercredi le soutien appuyé de ses confrères socialistes et du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg.
Le député Thomas Thévenoud, fâché avec McDonald's et devenu la bête noire des restaurateurs dont il veut remonter le taux de TVA, a reçu mercredi le soutien appuyé de ses confrères socialistes et du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. — Thomas Samson afp.com

Neuf petits jours et puis s’en va. Thomas Thévenoud a été débarqué du gouvernement Valls en raison de «problèmes de conformité avec les impôts». Au lendemain de son éviction, l’ancien secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger s’est expliqué au Journal de Saône et Loire.

«Il s’agit uniquement de problèmes de déclaration et de retards de paiement. Je n’ai jamais fait de fausses déclarations, jamais dissimulé des revenus ou des éléments de mon patrimoine. Je n’ai jamais trompé l’administration fiscale qui connaissait parfaitement ma situation. Je n’ai fait d’ailleurs l’objet d’aucune procédure pénale», a indiqué Thomas Thévenoud. «On peut m’accuser de négligence, c’est légitime et croyez bien que je suis le premier à le faire - mais pas de malhonnêteté.»

L’ancien secrétaire d’Etat a avancé les raisons de cette négligence. «Je crois que depuis quelques années je me suis laissé déborder par mon engagement public. Ma vie s’est accélérée et, à mesure que j’assumais de nouvelles responsabilités publiques, les problèmes s’accumulaient dans ma gestion privée. Au fond, ma rigueur dans la vie publique n’a eu d’égale que ma négligence dans la gestion privée».

Conserver son poste de député

Thomas Thévenoud a accepté son éviction du gouvernement. «Le Premier ministre a considéré que cette situation rendait impossible ma présence au Gouvernement. Je l’ai parfaitement compris. Mais, je le redis, je n’ai jamais voulu frauder l’administration fiscale. J’ai toujours fini par m’acquitter de mes impôts – et je suis désormais à jour de mes obligations. Je ne suis pas un fraudeur, je suis un contribuable négligent.»

Malgré cette démission forcée, l’élu souhaite conserver son poste de député. «J’ai été élu pour cinq ans et je souhaite mener ma mission jusqu’à son terme. Les électeurs du Mâconnais et du Clunisois qui m’ont fait confiance connaissaient mes forces. Ils découvrent aujourd’hui mes faiblesses. […] En 2017, ce sont eux qui me jugeront en toute connaissance de cause.»