Le ministre du Travail annule son déplacement à Evreux, alors que la colère gronde chez certains députés PS

POLITIQUE Les déclarations de François Rebsamen sur le renforcement du contrôle des chômeurs ont fait polémique…

A.-L.B. avec AFP

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French Labor Minister Francois Rebsamen addresses the National Assembly on July 15, 2014 in Paris during a session of questions to the governement. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
French Labor Minister Francois Rebsamen addresses the National Assembly on July 15, 2014 in Paris during a session of questions to the governement. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP

Le ministre du Travail François Rebsamen, dont les déclarations sur un renforcement du contrôle des chômeurs ont fait polémique, a annulé le déplacement qu'il devait effectuer mercredi après-midi à Evreux (Eure), a-t-on appris auprès de son cabinet.

«Il est retenu à Paris pour une réunion urgente», a-t-on indiqué à l'AFP.

Le ministre devait visiter l'agence locale de Pôle emploi et assister à la signature d'une convention «accompagnement global» des demandeurs d'emploi en difficulté, entre le directeur général de Pôle emploi Jean Bassere et le président (PS) du conseil général de l'Eure Jean-Louis Destans.

Propos nuancés

Dans une interview au quotidien Paris-Normandie dont il faisait la une mercredi, le ministre a répété, comme il l'avait fait la veille, qu'il «ne s'agit absolument pas de stigmatiser les chômeurs».

Des propos du ministre que n’ont pas digérés des députés socialistes. Ces derniers appellent le gouvernement à «prendre garde aux effets d'annonce hâtifs, mal maîtrisés quelquefois», a déclaré ce mercredi l'une de leurs porte-parole, Annick Lepetit.

Ces «effets d'annonce» peuvent selon elle «perturber l'acceptation des réformes sociales que nous avons entreprises» et «c'est le cas de la polémique sur le contrôle des chômeurs», a-t-elle souligné lors d'une conférence de presse.

Mise en garde du gouvernement par des députés PS

L'élue parisienne a ajouté que «le ministre du Travail est dans son rôle quand il rappelle la loi, il est dans son rôle quand il rappelle qu'une protection sociale solidaire repose sur des droits et des devoirs, il est de sa responsabilité de combattre les abus, mais il est impossible d'accréditer l'idée que notre politique de l'emploi se résume à cette dimension».

«Les propos de Rebsamen sont très mal passés» dans le groupe socialiste, avec plusieurs interventions de députés demandant au gouvernement de se «ressaisir», ont glissé en privé plusieurs élus après la réunion de rentrée mercredi matin.

«Responsabiliser oui, stigmatiser non. Le défi de nos réformes sociales est de mettre en concordance nos principes de justice et d'efficacité, de réformer des protections qui ne marchent plus pour en construire de nouvelles, plus efficaces et plus justes, comme les droits rechargeables pour l'assurance chômage, le compte pénibilité», a poursuivi Annick Lepetit.