Livre de Valérie Trierweiler: François Hollande, le président «qui n'aime pas les pauvres»

PORTRAIT Dans Merci pour ce moment (Ed. Les Arènes), elle raconte qu'en privé il les appelle «les sans-dents»...

A.Le G.

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François Hollande sur le perron de l'Elysée le 27 août 2014 à Paris
François Hollande sur le perron de l'Elysée le 27 août 2014 à Paris — Fred Dufour AFP

La dérive d'un couple. Rédigé dans le plus grand secret, Merci pour ce moment est la chronique de la séparation d'un homme et d'une femme, embarqués au sommet de l'Etat, selon les extraits publiés ce mercredi par Le Monde et Paris-Match.

«Tout ce que j’écris est vrai. A l’Elysée, je me sentais parfois comme en reportage. Et j’ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour», annonce d’emblée Valérie Trierweiler dans cet ouvrage de plus de 300 pages. Le portrait qu’elle y brosse de son ex-compagnon François Hollande semble peu flatteur. Notamment lorsqu’elle relate, selon Le Monde, le regard qu’il peut porter sur les classes populaires: «Lui, l’homme de gauche, dit en privé: “les sans-dents” très fier de son trait d’humour».


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«Une amoureuse passionnée, possessive»

Dans cet ouvrage, Valérie Trierweiler donne sa version de leur histoire. L’ex-première dame se décrit, selon Paris-Match, qui publie quelques extraits de l’ouvrage, en «amoureuse passionnée, possessive, folle de cet homme qu’elle admire, qui la fait rire et la déstabilise délicieusement». «Tout est emmêlé, écrit aussi Le Monde qui publie également ce mercredi de larges extraits de l’ouvrage. Le public et le privé, l’intime et la politique. Tout est indémêlable.»

Sortie de l’ombre en octobre 2010, Valérie Trierweiler, journaliste à Paris-Match, est alors présentée comme «la femme de ma vie», par François Hollande dans le magazine people Gala. Le 6 mai 2012, elle danse dans les bras du vainqueur de la présidentielle sur l’air de «La vie en rose».

Un peu plus d’an et demi plus tard, le chef de l’Etat met fin à leur vie commune par une brève déclaration à l’AFP. Une séparation survenue quinze jours après la révélation dans le magazine Closer de la liaison de François Hollande avec l’actrice Julie Gayet.

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François Hollande, un portrait peu flatteur

Dans cet ouvrage, Valérie Trierweiler fait le portrait d’un François Hollande mentant éhontément à celle qui partage sa vie. Mais aussi obsédé par sa cote de popularité. Alors qu’en mars 2013, de nombreuses rumeurs circulent sur une liaison entre le président et l’actrice Julie Gayet, elle revient à la charge: «Jure-moi sur la tête de mon fils que c’est faux et je ne t’en parle plus.» Il répond qu’elle devient «pénible avec cette faribole. C’est l’expression qu’il emploie, “cette faribole”».

Pour Valérie Trierweiler, son ex-compagnon «tient à sa popularité comme à une drogue dure». Pour ce faire, rien de mieux selon lui que de soigner ses relations avec la presse: «Le moindre confrère qui enquête sur un ministre ou une affaire mineure a droit à son rendez-vous avec le président. Depuis ses premiers pas dans la carrière, il les cajole, même ceux qui le traînent dans la boue. Il ne lâche jamais l’affaire. (…) Cette frénésie absorbe François et le perd.», écrit l’ancienne journaliste dans un extrait rapporté par Le Monde.

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Un président qui n’aime pas les pauvres

Le 8 juin 2006, il avouait: «Oui, je n’aime pas les riches, je n’aime pas les riches, j’en conviens.»

Mais dans son livre, Valérie Trierweiler raconte cet épisode, un jour de Noël, chez sa mère, en présence de ses frères, sœurs, neveux et nièces. «Elle n’est quand même pas jojo la famille Massonneau [le nom de jeune fille de Valérie Trierweiler].», lui balance son compagnon. Elle précise: «Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé: “les sans-dents” très fier de son trait d’humour.»

Le tweet de soutien à Olivier Falorni

Le Monde revient aussi sur l’épisode du tweet de soutien de Valérie Trierweiler à Olivier Falorni, candidat à la députation contre Ségolène Royal. Un épisode qui provoquera une chute de popularité très forte de l’ex-Première dame.

Elle l’avoue, elle a alors une obsession: la crainte du retour politique de l’ex-compagne du chef de l’Etat qui a annoncé son intention de briguer la présidence de l’Assemblée nationale si elle est élue. Elle demande au président: «“Tu ne feras rien pour la soutenir?
– Non, [lui] assure-t-il. Tu peux être tranquille. Je ne ferai rien, je m’y suis engagé.”»

Le lendemain matin, un communiqué de François Hollande dit qu'il apporte son soutien à Ségolène Royal: «Il m’assure qu’il n’y est pour rien. Que c’est le secrétaire général de l’Elysée qui s’est occupé de cette affaire. Le mensonge est énorme. C’est le coup de grâce.», écrit Valérie Trierweiler.

Elle décide de soutenir Olivier Falorni via Twitter: «J’appuie sur le détonateur et j’en suis la seule responsable. Mais la bombe à retardement a été fabriquée par François Hollande et Ségolène Royal, avec leur jeu constant entre privé et public (...). Tantôt ils s’affrontent, tantôt ils se servent l’un de l’autre comme marchepied (…) Ce jeu politique entre eux n’a pas de fin, c’est un labyrinthe dans lequel je me suis perdue.», rapporte encore Le Monde.