Sarkozy: Bon c’est pour quand ce retour ?

POLITIQUE Maintes fois annoncé, le retour de Nicolas Sarkozy n’en finit pas d’être repoussé ; à charge pour sa garde rapprochée de lui chauffer la place…

Anissa Boumediene

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Il n'est pas encore rasé de près, mais Nicolas Sarkozy ne devrait plus tarder à annoncer son retour.
Il n'est pas encore rasé de près, mais Nicolas Sarkozy ne devrait plus tarder à annoncer son retour. — L.VU/SIPA

A croire qu’il nous fait le coup de l’Arlésienne. C’est sans leur grand manitou que les jeunes de l’UMP ont fait leur rentrée politique samedi au Touquet (Pas-de-Calais), mais même absent, l’ancien président était dans tous les esprits.

Début août, Nicolas Sarkozy, qui assurait n’avoir «pas encore pris [sa] décision pour la présidence de l’UMP», se réjouissait dans les colonnes de Valeurs actuelles «que l’on parle de [son] retour à la vie politique», un fait «déjà miraculeux en soi. Cela veut dire que cette idée du retour est inscrite dans les têtes et dans les esprits», s’égayait-il. Sauf qu’un mois plus tard, Nicolas Sarkozy fait durer le plaisir, et le suspense, et n’a toujours rien dévoilé de ses intentions. Briguera-t-il la présidence de son parti? A-t-il des ambitions élyséennes? 20 Minutes fait la lumière sur les projets de futur candidat Sarkozy.

La colère de Carla

S’il y a une personne dans l’entourage de l’ex-chef de l’Etat qu’une nouvelle course à l’Elysée n’enchante guère, c’est bien Madame Sarkozy. Une nouvelle campagne, le retour aux plus hautes fonctions et le stress qui va avec, Carla ne veut pas de ça pour son «Raymond». «Carla lui a fait une crise à Bali, elle ne veut pas qu’il y retourne!», raconte un proche de Nicolas Sarkozy au Parisien. La politique, «ça lui sort par les yeux», d’autant que l’ancienne première dame se dit «qu’ils pourraient vivre tranquille», confie l’entourage de l’ex-président. Pour autant, les proches de l’ancien couple présidentiel sont unanimes: si Nicolas Sarkozy se lance, il pourra compter sur le soutien de son épouse.

Un non-retour qui agace

Début août, la gauche s’agaçait des «minauderies» de l’ancien président. En cette semaine de rentrée, les atermoiements de Nicolas Sarkozy commencent même à lasser jusque dans les rangs de l’UMP. Ce week-end, durant le campus UMP, Geoffroy Didier, l’un des visages de la droite forte, a eu toutes les peines du monde à galvaniser la foule, clairsemée, lorsqu’il a affirmé que la France avait besoin de Nicolas Sarkozy. Et le lancement de l’association Génération Sarkozy s’est fait dans une quasi-indifférence.

«L’essoufflement est là», confesse la conseillère politique de l’UMP Aurore Berger au Parisien. «On entend dire depuis le mois de juin qu’il va revenir… et toujours rien. Cette chronique du retour annoncé commence à lasser la base», concède-t-elle.

Frapper un grand coup

Car les ambitions présidentielles de Nicolas Sarkozy ne sont un secret pour personne. Et pour son grand retour, l’ex-chef de l’Etat voudrait frapper un grand coup, car s’il revient sur le devant de la scène, c’est pour tout rafler. Avant de se lancer dans la course à la présidentielle et les primaires au sein de son parti, il devrait commencer par avancer ses pions pour prendre la tête de l’UMP, au cours de l’élection du 29 novembre prochain. N’en déplaise à Hervé Mariton, candidat déclaré à la présidence du parti qui déclarait ce week-end au Touquet vouloir «en finir avec le star-system», Nicolas Sarkozy ne compte pas revenir pour jouer petit.

La droite forte en ordre de bataille

Car s’il se fait désirer, pour ses fidèles, le retour de Nicolas Sarkozy ne fait aucun doute. Et pour être prête à le lancer dans la course, la droite forte, la garde rapprochée de l’ex-président, est déjà en ordre de bataille. Pendant ce temps, l’ancien président reçoit ses proches rue de Miromesnil dans le 8ème arrondissement de Paris, dont e fidèle Brice Hortefeux, et peaufine sa stratégie.

De leur côté, sur les réseaux sociaux, les lieutenants sarkozystes appellent depuis vendredi à parrainer la candidature de Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP en signant le formulaire en sa faveur.

Bon élève, Daniel Fasquelle, le maire UMP du Touquet, exhibait fièrement le sien dès le lendemain devant la presse.

Court-circuiter la concurrence

Selon certains de ses proches, Nicolas Sarkozy envisagerait de revenir entre le 15 et le 20 septembre, idéalement juste après la conférence de presse de François Hollande, fixée au 18. Objectif: se poser en leader de l’opposition et déclarer sa candidature à la présidence de l’UMP. Pour mieux s’en servir comme marchepied pour 2017. Il se murmure même qu’il pourrait s’adresser aux Français au cours d’un JT, histoire d’écraser les concurrents, Alain Juppé en tête, et de ratisser au plus large, en tentant une opération séduction sur les centristes.

Dominique Bussereau, député UMP et proche de Jean-Pierre Raffarin, apporte de l’eau à son moulin. Il a plaidé ce lundi pour une candidature unique du centre et de la droite pour la présidentielle de 2017.