Sarkozy, absent omniprésent du «campus du renouveau» des jeunes UMP

POLITIQUE L'ancien Président était dans les têtes des participants à la réunion de l'UMP au Touquet...

20 Minutes avec AFP

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Bruno Le Maire à la sortie du bureau politique de l'UMP le 10 juin 2014 à Paris
Bruno Le Maire à la sortie du bureau politique de l'UMP le 10 juin 2014 à Paris — Eric Feferberg AFP

Les jeunes de l'UMP ont fait leur rentrée politique samedi au Touquet (Pas-de-Calais) en l'absence de Nicolas Sarkozy, mais l'ancien président était dans tous les esprits alors que son retour est attendu d'ici à la mi-septembre.

Sous une grande banderole proclamant «le campus du Renouveau», les sarkozystes de choc se sont succédé sur l'estrade pour réclamer le retour du «seul» à pouvoir redonner son lustre à une France mise en «danger» par la politique des socialistes.

Selon certains de ses proches, Nicolas Sarkozy envisage de revenir vers le 15 septembre, «avant ou après» la conférence de presse de François Hollande, fixée au 18. Objectif supposé: déclarer sa candidature à la présidence de l'UMP et s'en servir comme marchepied pour 2017.

Conférence de presse d'Hollande

Au lendemain de l'appel lancé par la Droite forte, premier courant du parti, à signer le formulaire de parrainage en sa faveur, Daniel Fasquelle, le maire UMP du Touquet, exhibait fièrement le sien devant la presse.

Sarkozy de retour, alors «tout devient possible», a lancé Antoine Sillani, Jeune populaire (adhérent de moins de 30 ans) du Nord, l'un des initiateurs de ce campus organisé pour la troisième année consécutive, en reprenant le slogan de la campagne victorieuse de 2007.

Depuis la défaite de 2012, l'UMP ayant renoncé à ses traditionnelles universités d'été, c'est au Touquet que le parti fait sa rentrée, avec l'accueil de plusieurs de ses caciques.

La matinée avait débuté avec un discours d'Hervé Mariton, venu défendre sur un ton passionné sa candidature à la présidence du parti et demander qu'on ne finisse avec «le star system».

Pierre- Henri Dumont, Maire de Marck (Pas-de-Calais), a proclamé sa fidélité à l'ancien président., «le seul capable de remettre la France à sa juste place». «Il n'est pas parfait, mais il reste le meilleur, le seul en mesure d'apaiser l'UMP», a assuré Michaël Miguères, élu de Paris XVIe et co-fondateur de Génération Sarkozy. Il est «le seul à être vraiment dynamique», selon Amandine Chollet, responsable des Jeunes populaires du Morbihan. «Mais pour plaire aux Français, il devra être moins impulsif».

«Enarque défroqué»

Curieusement, l'ambiance est restée assez tristounette dans la salle durant l'après-midi, où quelque 300 jeunes (sur les 500 à 600 annoncés) ont applaudi mollement les intervenants, sans que l'on puisse savoir si c'était l'enthousiasme qui leur faisait défaut ou si c'était l'influence de la météo maussade.

Cette première journée du campus - clos dimanche midi avec un discours de Luc Chatel, secrétaire général de l'UMP - s'est terminée par un «grand meeting», avec les anciens ministres Bruno Le Maire, candidat à la présidence du parti, et Xavier Bertrand, candidat à la primaire, faisant affluer vers la salle de nouveaux adhérents.

Xavier Bertrand a lancé devant 500 à 600 personnes un appel aux candidats à la présidence du parti. «Epargnez-nous ce que nous avons vécu en décembre 2012», avec la guerre entre copéistes et fillonistes.

Avec l'élection du président de l'UMP, le 29 novembre, «ce n'est pas le sauveur de la droite» qu'il faut choisir, mais celui qui fera de l'UMP «une vraie machine de guerre» en vue de l'alternance, a affirmé de son côté Bruno Le Maire, promettant d'être celui-là.

Nouveaux adhérents

«Si je suis élu, je prends l'engagement d'organiser une primaire ouverte, transparente, à l'automne 2016, pour mettre fin définitivement au quinquennat de François Hollande», a-t-il lancé. Il a de nouveau plaidé pour que les hauts fonctionnaires entrés en politique démissionnent de la fonction publique, comme lui-même l'a fait. «Je suis un énarque défroqué», a-t-il dit.

Pendant son discours, une vingtaine de jeunes portant un t-shirt rouge, vert ou jaune avec écrit au dos «Le renouveau, c'est Bruno» faisait la claque en scandant son nom. Mais dès que le nom de l'ancien président était prononcé, c'était au tour des sarkozystes de manifester leur soutien à leur champion. L'atmosphère était bel et bien réchauffée.