Valls à la Rochelle: «Je vais leur parler avec le cœur»

POLITIQUE Le Premier ministre défend ce dimanche sa ligne en clôture de l'université d'été du Parti socialiste...

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls le 28 août 2014 à La Rochelle
Manuel Valls le 28 août 2014 à La Rochelle — Xavier Leoty AFP

Manuel Valls, attendu au tournant par des opposants qui n'ont pas digéré le choc politique de la formation du nouveau gouvernement, défend ce dimanche sa ligne en clôture de l'université d'été du Parti socialiste à La Rochelle. Applaudi debout par les patrons mercredi au Medef, le chef d'un gouvernement purgé de son aile gauche parviendra-t-il à recevoir la même ovation de son propre parti?

>> Lire le reportage de notre envoyée spéciale: Christiane Taubira en appui des frondeurs

«Je suis des leurs, je suis leur Premier ministre. Je vais leur parler avec le coeur, il faut les entraîner. Je veux rassurer et rassembler», a confié Manuel Valls au JDD. En se promenant «parmi les Français» dans le centre de La Rochelle samedi, le Premier ministre avait toutefois confié «ne pas chercher les applaudissements», mais «à convaincre». «Je suis pas dans les petits jeux, ma seule mission c'est de redresser le pays».

«Montrer que la gauche, dans des moments difficiles, est capable de gouverner»

Si Manuel Valls a finalement eu droit à un accueil sans incident -et plutôt bienveillant- des militants socialistes pour ces premières heures rochelaises samedi (les sifflets qui l'attendaient à la sortie de la gare venaient de militants CGT) la partie ne s'annonce pas aisée. Car des parlementaires «frondeurs» aux responsables communistes et aux écologistes en passant, à distance, par Martine Aubry, l'ex-maire d'Evry a en effet été sous le feu des critiques samedi au deuxième jour du traditionnel rendez-vous de la famille socialiste.

S'il n'est pas prévu d'annonces de la part de Manuel Valls -la mesure fiscale promise par le gouvernement attendra- «il s'agit de montrer que la gauche, dans des moments difficiles, est capable de gouverner», indique-t-on dans l'entourage du Premier ministre. Manuel Valls «ne veut pas se laisser enfermer dans les mots comme social-libéral, social-démocrate, au moment où la France est dans cette situation difficile. Il connaît les pièges de ces débats», note un proche.

Pas «bunkerisé» par le pouvoir

«A travers les militants, il veut s'adresser aux Français», explique-t-on. Dépasser le parti, tel était aussi le message d'un Premier ministre lors de cette «promenade» devant les caméras dans le centre de La Rochelle, qui visait notamment à montrer qu'il n'était pas «bunkerisé» par le pouvoir.

Pour le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, qui a glissé qu'à la place du Premier ministre, il aurait réservé son discours de rentrée aux militants plutôt qu'aux patrons du Medef, il s'agira de dire «ce qu'est le socialisme aujourd'hui» pour ne pas se laisser entraîner vers des querelles sémantiques sur «le social-libéralisme».