Marine Le Pen se présente comme «capitaine» prêt à gouverner la France

POLITIQUE La présidente du FN Marine Le Pen prononçait ce samedi son discours de rentrée à Brachay (Haute-Marne)…

Claire Planchard

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Marine Le Pen, présidente du Front National, le 30 août à Brachay (haute-Marne)
Marine Le Pen, présidente du Front National, le 30 août à Brachay (haute-Marne) — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

«Si le peuple veut nous donner la barre, eh bien nous la tiendrons! En pleine tempête, un capitaine ne peut refuser de prendre le commandement», a assuré ce samedi Marine Le Pen, estimant que c’est à cette qualité que se reconnaît «un homme d’État».
 

Devant un bon demi-millier de ses partisans réunis pour son discours de rentrée, dans un village dont la grosse cinquantaine d’habitants a très largement voté FN aux dernières élections (84 % aux européennes de mai), la patronne du FN a assuré que le parti d’extrême droite qu’elle préside était «prêt à assumer toutes les responsabilités que le peuple nous confiera», répétant ainsi la ligne défendue le matin même dans un entretien accordé au Figaro.

«Discours tacticien» de l’UMP

Alors que l’UMP semble redouter une cohabitation en cas de dissolution -une éventualité rejetée par Manuel Valls- et de victoire aux législatives qui suivraient, la patronne du FN a fustigé ce «discours tacticien» avant de certifier: «Si le peuple nous donne à l’Assemblée nationale une majorité pour gouverner, eh bien nous gouvernerons!».

«Je suis d’une trempe suffisamment solide pour ne pas reculer devant les dangers et les épreuves» a-t-elle encore assuré.

Elle a brossé le portrait de la dirigeante qu’elle serait si elle parvenait à l’Élysée: «Je ne mentirais pas aux Français, ni avant, ni après mon élection (…), pas comme François Hollande sur le chômage ou Nicolas Sarkozy sur l’insécurité.»

Nouveaux «collectifs»

Engagée dans une nouvelle opération crédibilisation, après le succès électoral des élections européennes, Marine Le Pen a confirmé le lancement prochain de nouveaux «collectifs», après ceux consacrés aux enseignants et aux étudiants, afin de tenter de «pénétrer au plus près de la société civile», et prévenu qu’elle poursuivrait de ses critiques sans «aucun répit», le gouvernement dans les prochains mois.

L’enjeu est de taille: si selon un sondage CSA-Atlantico de samedi, 39 % des Français sont «souvent d’accord» avec ses prises de position, seuls 27 % lui reconnaissent «l’étoffe d’un président». Dans les enquêtes d’opinion, bien qu’elle oscille autour des 30 % des opinions favorables sur son «action», elle fait toujours face à une forte opposition structurelle.

«Le roi François Hollande est nu»

Dans un discours d’une quarantaine de minutes, principalement axé sur la «terrible crise» politique, Marine Le Pen a vilipendé le gouvernement pris «dans une marche destructrice», mais aussi la «prétendue opposition UMP (…), véritable radeau pourri à la dérive».

Après la démission du gouvernement lundi et les critiques de l’ex-ministre de l’Économie Arnaud Montebourg contre la voie économique choisie par le président de la République, le pouvoir «est nu, le roi François Hollande est nu, le prince Manuel Valls est nu», d’après elle.

L’eurodéputée en a profité pour éreinter «le banquier d’affaires» Emmanuel Macron, nouveau ministre de l’Economie, et la nouvelle ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem qui n’a selon elle «aucune compétence» pour ce poste, avant de finir son discours sous les appels à la «démission» de François Hollande lancés par ses partisans.

Elle n’a en revanche abordé les sénatoriales de fin septembre que d’une phrase, alors que le FN ne nourrit que des espoirs modérés d’envoyer l’un des siens au Palais du Luxembourg.